Les deux Corées - Envoi de tracts anti-Pyongyang depuis la Corée du Sud 
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Les deux CoréesEnvoi de tracts anti-Pyongyang depuis la Corée du Sud

En dépit d’une interdiction, des transfuges nord-coréens ont envoyé par ballons des tracts, livres et dollars à travers la zone démilitarisée.

Cette photo non datée, fournie le 30 avril 2021 par les Combattants pour une Corée du Nord libre montre son président Park Sang-hak dans un endroit non divulgué près de la zone démilitarisée (DMZ), zone divisant les deux Corées. 

Cette photo non datée, fournie le 30 avril 2021 par les Combattants pour une Corée du Nord libre montre son président Park Sang-hak dans un endroit non divulgué près de la zone démilitarisée (DMZ), zone divisant les deux Corées.

AFP

Des transfuges nord-coréens ont enfreint cette semaine à deux reprises une loi interdisant d’envoyer, depuis la Corée du Sud, des tracts de propagande anti-Pyongyang, ont-ils révélé vendredi. Ces envois par ballons à travers la zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule coréenne sont les premiers depuis l’adoption en décembre par le Parlement sud-coréen d’une loi interdisant cette pratique. Le groupe «a envoyé 500’000 tracts, 500 livres et 5000 dollars en espèces» à l’aide de dix ballons, à l’occasion de deux lancements, près de la DMZ entre le 25 et le 29 avril», a affirmé Park Sang-hak, président des Combattants pour une Corée du Nord libre, à l’origine de ces opérations.

Ces tracts, envoyés par ballons gonflables dans les airs ou via de petits flotteurs sur des rivières à travers la zone démilitarisée, sont utilisés depuis longtemps par les militants du Sud pour dénoncer le régime de Kim Jong Un et faire passer des messages aux habitants du Nord. Ils suscitent la colère de Pyongyang, qui n’a pas manqué l’an dernier de les critiquer violemment à plusieurs reprises et, pour maintenir la pression diplomatique, avait suspendu un projet d’un bureau de liaison frontalier. Le Parlement sud-coréen avait rapidement voté une loi interdisant l’envoi de ces tracts ou de clés USB, cette dernière solution étant privilégiée pour l’envoi d’informations extérieures vers un pays quasiment coupé du monde.

Muselés

Les contrevenants encourent une peine de trois ans de prison ou une amende de 30 millions de won, environ 22’300 euros. Cette loi a suscité des inquiétudes quant à la liberté d’expression, et les États-Unis – un allié de la Corée du Sud – ont pointé qu’elle pose un «problème important en matière de droits de l’homme» dans un rapport annuel publié en mars. Les Nord-Coréens «ont le droit de connaître la vérité, même si leurs droits en tant qu’êtres humains sont bafoués par le régime», a déclaré Park Sang-hak, critiquant cette loi qui «muselle» les Sud-coréens.

Les deux Corées avaient convenu de l’arrêt de ces échanges de propagande – y compris via de puissants haut-parleurs – lors d’un premier sommet entre le président sud-coréen Moon et son homologue en 2018. Des militants du Sud, menés principalement par des transfuges nord-coréens, poursuivent inlassablement leurs activités près de la frontière. Le ministère de l’Unification basé à Séoul, en charge des relations inter-coréennes, a déclaré que cette loi «vise à assurer la sécurité et la vie des habitants des zones frontalières».

(AFP)

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