Hockey sur glace: Episode 2 (point zéro) – «Alston Island»
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Hockey sur glaceEpisode 2 (point zéro) – «Alston Island»

Cyrill Pasche, journaliste au «Matin», revient sur l'actualité du hockey suisse dans sa chronique «Hockey Inside».

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Cyrill Pasche
Cyrill Pasche, journaliste au «Matin», revient sur l'actualité du hockey suisse dans sa chronique «Hockey Inside».

Cyrill Pasche, journaliste au «Matin», revient sur l'actualité du hockey suisse dans sa chronique «Hockey Inside».

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L'épisode 2 (point zéro) de la chronique, comme son nom l'indique, est largement consacré au Lausanne HC, qui a brillamment atteint ses objectifs cette semaine en se faisant éliminer de la Coupe de Suisse au premier tour. Les Lions ont raison, mieux vaut se concentrer sur une seule compétition: il est de nos jours terriblement difficile de réussir le doublé coupe-championnat. C'est parti.

1. Je me posais la question: le LHC (entendez par là ses dirigeants), se prend-il plutôt pour le Canadien de Montréal ou les Toronto Maple Leafs? J'en suis arrivé à la conclusion que c'était les Leafs, pour la simple et bonne raison qu'il existe un parallèle frappant: «Robidas Island». Il s'agit d'une île imaginaire où les dirigeants des Maple Leafs font disparaître les contrats encombrants de joueurs très, très encombrants. Stéphane Robidas par le passé, et maintenant Joffrey Lupul, ont été envoyés sur «Robidas Island» et n'ont plus donné de nouvelles depuis une éternité. Disparus de la circulation. Lupul, par exemple, n'a plus rejoué au hockey depuis près de 2 ans alors qu'il possède toujours un contrat avec les Leafs. Ce qui nous ramène au LHC: l'ancien capitaine Florian Conz, Caryl Neuenschwander avant lui, et tôt ou tard Alain Miéville et Eric Walsky, vont-ils tous finir leur existence sur… «Alston Island»?

2. On s'est offusqué de l'attitude du LHC contre Ajoie en Coupe de Suisse… Six juniors sur la glace, les cadres au repos, Zurkirchen tout de même dans les buts pour que cela ne ressemble pas complètement à une farce, un seul étranger sur la glace. Manque de respect? Non! Au contraire. Pour 45 francs (en tribune principale), le «client» jurassien a pu admirer tout le travail effectué par le mouvement junior du LHC. Les Jurassiens en ont donc eu pour leur argent. Et que je te donne du Vouardoux, du Massy, du Bariatti, du Lee et du Bougro! C'était ça, le LHC 3.0, celui que Céline Dion, d'ici deux ans, viendra admirer à Malley 3.0.

3. Pas sûr, du coup, que Romain Loeffel ait encore sa place au milieu de cette défense 3.0 du LHC à partir de, disons, la deuxième ou troisième année de son futur contrat au LHC.

4. Profitons-en pour saluer l'attitude du HC Bienne qui, chaque année en Coupe de Suisse, aligne 3 ou 4 étrangers même contre les formations de première ligue. Car après tout, les spectateurs paient aussi pour voir les stars des formations de National League. Mercredi à Saint-Imier, les dirigeants de Gottéron (aucun étranger convoqué) se sont donnés bonne conscience en permettant au public imérien d'admirer leur gardien canadien Barry Brust sur le banc durant 60 minutes.

5. Romain Loeffel, en plus de vendre du rêve soir après soir sur les patinoires du pays, rend aussi meilleure la vie de pas mal de monde. Romain est en fait une entreprise, c'est un business. Il donne de la job aux gens. Le voici donc, dans la TdG: «(…) Je ne me suis fixé aucun timing précis pour régler la question de mon avenir. J'ai mandaté des gens pour ça et je leur fais confiance en les laissant faire leur travail.» Romain Loeffel est le patron ou le partenaire d'affaires dont nous rêvons tous. Il mandate, il fait confiance, et attend simplement qu'on lui remette des piles de dossiers et classeurs fédéraux avant d'effectuer ses choix.

6. Comment évalue-t-on les unités spéciales d'une équipe? C'est Jan Alston qui m'a éclairé à ce sujet, merci à lui: prenez le pourcentage en infériorité numérique, additionnez-le au pourcentage en supériorité numérique. Si le résultat est supérieur à 100, c'est que les unités spéciales fonctionnent bien, s'il est supérieur à 105, elles sont exceptionnelles. Exemple actuel pour le LHC : powerplay (6,25%) + boxplay (61,90%) = 68,15. Donc misérable… Et le leader, FR Gottéron? 109,74!!! (powerplay, 14,29% et Boxplay, 95,45%).

7. Après son épaule meurtrie, Roman (Cervenka) est maintenant en délicatesse avec son dos. Quelle poisse. Le problème avec le dos, c'est qu'ensuite ça a tendance à descendre assez facilement jusqu'aux adducteurs. Je lui ai tout de même envoyé un WhatsApp après la victoire de Gottéron à Zurich, le soir où les Dragons, même sans lui, se sont emparés de la première place de National League:

Moi: «Wow Gottéron leader!!!»

Roman:«LOL».

8. Si Johnny «Johnny Hockey» Kneubühler porte le nom le plus stylé de National League à l'heure actuelle, le Lausannois pourrait bientôt être détrôné. Car il existe une véritable pépite dans les rangs de FR Gottéron. Un attaquant de 19 ans aligné mercredi soir en Coupe contre Saint-Imier, dont le nom de scène mettra bientôt tout le monde d'accord: Bryan Abreu de Nobrega. Impossible de faire mieux.

9. La réponse du HC Lugano «dans le cas Rüfenacht» a été à la hauteur des attentes. Pour faire court, après avoir maladroitement traité la 4e ligne de Lugano «d'handicapés», Rüfenacht a platement présenté ses excuses via une vidéo postée par le SCB sur YouTube. La réponse du HC Lugano est tombée quelques minutes plus tard, aussi sur YouTube: et surprise, puisque le capitaine Chiesa et Walker, atterrés, se sont excusés - mais en réalité comme si c'étaient eux les bandits - au nom du HC Lugano et de TOUT le hockey suisse pour les propos déplacés tenus par Rüfenacht, et par ricochet, le SCB. Pour Lugano, qui évidemment a grossi le trait à n'en plus finir, Rüfenacht s'en est clairement pris à toutes les personnes handicapées de la planète. D'où la nécessité pour les Luganais de s'excuser au nom de l'Humanité. Après avoir eu la tête du juge unique (Stancescu) lors des derniers play-off, ils sont toutefois les seuls à oser tenir tête aux puissants bernois et zurichois. Et rien que pour cela: Forza!

10. Saviez-vous que «2 minutes pour obstruction» se dit en allemand «2 Minuten für Behinderung»? Donc, selon la traduction, «2 minutes pour handicap». Il est peut-être temps de changer ce terme, non?

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