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Hockey sur glaceÉpisode 6 - Le hockey romand va trop bien: vivement le trou de novembre!

Cyrill Pasche, journaliste au «Matin», revient sur l’actualité du hockey suisse.

par
Cyrill Pasche

Le moment tant redouté est survenu pas plus tard que lundi matin: le joueur le plus «exciting» que la Suisse romande ait connu depuis Thibaut Monnet (mais le Monnet que Marc Crawford comparait jadis au peintre, du temps des ZSC Lions) va quitter Genève la saison prochaine, et donc définitivement sombrer dans l’anonymat. C’est triste, mais ainsi va la vie de hockeyeur.

Romain, prépare-toi maintenant à entendre, à chaque relance manquée aux Vernets (mais heureusement ton jeu est si pur qu’elles restent rares), les inévitables «de toute façon il s’en fout il a déjà signé ailleurs» ou, pire encore «de toute façon il n’était pas aussi bon que ça».

Reste que quand j’ai appris que Loeffel avait touché le jackpot pour 4 ans à Lugano je n’ai pas pu m’empêcher de me sentir comme tout Valaisan qui suit de près ou de loin le hockey et qui est persuadé d’avoir vraiment joué un rôle à un moment donné dans la carrière de Nico Hischier, numéro un de la draft et nouvelle star des New Jersey Devils en NHL…

Donc Romain est en quelque sorte mon Hischier à moi, et je trouve tout à fait légitime de penser que j’y suis vraiment pour quelque chose dans sa réussite sportive. J’ai le sentiment qu’aujourd’hui je peux dire, en parlant de son transfert: ON a réussi.

Et d’ailleurs, ON est vraiment excité à l’idée d’aller enfin gagner le titre avec Lugano. Mais d’ici là, c’est promis, ON va encore tout donner pour le GSHC.

Hockey Inside, épisode 6, c'est par ici:

1. Immense bravo à Axel Simic pour commencer: ce jeune joueur de seulement 18 ans a osé se livrer et avouer qu’il admire… un adversaire. Pas n’importe lequel d’ailleurs, puisqu’il s’agit de Julien Sprunger, l’un des plus grands attaquants de l’histoire du hockey suisse. Évidemment que Simic ne pouvait pas s’imaginer qu’il se prendrait une banderole dans les dents juste après. Il ne faudra pas s’étonner si, à l’avenir, les joueurs ne souhaitent plus du tout s’exprimer. Car après tout, si c’est pour se faire poignarder dans le dos par ses propres supporters et se faire «troller» sur les réseaux sociaux, mieux vaut simplement se contenter de dire que l’on «prend match après match» et que «la saison est encore longue», non?

2. Malley, ex-chaudron, ex-forteresse, ex-happy place des Lions, n’est-elle pas devenue un boulet pour les joueurs du LHC? En parlant de boulettes, l’arrivée de Robin Grossmann à Lausanne la saison prochaine en promet déjà un joli paquet sur la glace.

3. Est-ce vraiment une surprise, avec tout ce qui se trame en coulisses au GSHC et un rôle de moins en moins en vue sur la glace, si Romain Loeffel a choisi de s’exiler dans la ville de hockey la plus éloignée de Genève? D’ailleurs, si Chiasso avait une équipe de National League, c’est certainement là-bas qu’il aurait signé.

4. Lugano constitue aussi un choix familial, «l’endroit idéal pour y élever ses enfants», dixit RL. Tel le hérisson qui cherche un abri pour sa progéniture, loin du vent, du froid et de la pluie, le Tessin est effectivement l’endroit parfait pour hiberner d’octobre à avril.

5. Ce transfert majeur en cours de saison relance l’éternel débat: mais ne faudrait-il pas interdire les transferts en dehors de certaines périodes prévues à cet effet? Bien sûr que oui, sauf que les clubs les plus influents et les mieux nantis n’ont aucun intérêt à ce que cela change, malheureusement.

6. «Le magicien» Stéphane Da Costa, lui, ne s’est pas posé trop de questions, affirmant dans la TdG, «qu’il avait toujours voulu jouer à Genève». Un peu comme Neymar avait toujours rêvé de jouer au PSG, ou comme Falcao avait réalisé un rêve de gosse en rejoignant Monaco à l’époque…

7. Et Dieu sait à quel point je suis fan du «magicien». Sauf que de le voir débarquer en Suisse à 28 ans est tout de même le signe qu’il y a vraiment quelque chose qui cloche. En bonne santé, Da Costa serait un des meilleurs, si ce n’est le meilleur joueur de National League. Enfin, non, en bonne santé et en pleine forme, il ne jouerait pas en Suisse, mais en NHL ou au pire serait toujours en KHL.

8. En 2016, Auston Matthews n’a eu besoin que de 6 matches pour obtenir ses 10 premiers points en NHL à sa saison rookie. Taylor Hall, le coéquipier de Nico Hischier chez les Devils et premier choix de la draft 2010, avait dû patienter 23 matches pour obtenir 10 points. Nico Hischier, lui, en compte 4 en 6 matches, mais n’a toujours pas marqué. Est-ce que les Devils pourraient tout à coup estimer qu’une saison de transition en National League, avec Berne, pourrait avoir le même effet que pour Auston Matthews lors de son passage avec les Zurich Lions (oui, c’était la saison avant la draft, mais la comparaison tient quand même…)? Pour rappel, le contrat des rookies ne prend effet qu’après leur 9e match. Il reste donc trois matches à Hischier avant d’être définitivement confirmé chez les Devils pour le reste de l’exercice.

9. Kevin Schläpfer (47 ans), sans club depuis le 14 novembre 2016, est en passe de retrouver du boulot avec… Kloten. Le Bâlois rencontrera les dirigeants du club zurichois au cours des prochains jours. Toujours payé par le HC Bienne, jusqu’à la fin de la présente saison, le «Hockey Gott» a dû revoir ses ambitions à la baisse et n’a, à vrai dire, plus vraiment le choix s’il veut recommencer à bosser en National League.

10. Il y a vraiment un problème de «système» à Genève: les détracteurs de McSorley disaient que son système empêchait Genève de bien jouer, les détracteurs de Woodcroft prétendent que son système empêche Genève de bien jouer… Mais maintenant que Dan Ratushny est libre, pourquoi ne pas tenter le coup avec un entraîneur qui n’a tout simplement… pas de système?

11. A propos de Woodcroft: un supporter du GSHC m’a fait la réflexion suivante: lorsque Sir Alex Ferguson a quitté le poste de manager de Manchester United, son successeur David Moyes n’a tenu que quelques mois. Il a fallu que les Red Devils engagent Louis Van Gaal puis Jose Mourinho pour que les résultats reviennent. En d’autres termes et toutes proportions gardées, il faut un nom et un palmarès pour succéder à Chris McSorley.

12. Pas grand-monde ne semble vouloir accorder beaucoup de crédit à Yves Sarault et les spéculations - avant même que le Québécois ait pu faire ses preuves - vont bon train quant au nom du futur entraîneur des Lions. C’est d’ailleurs un peu la même situation que celle qu’a connue le HC Bienne après l’arrivée de Mike McNamara sur le banc, suite au limogeage de Schläpfer. Personne n’aurait misé sur McNamara avant qu’il ne termine la saison et que son contrat ne soit même prolongé pour une campagne de plus. Et pourquoi Sarault ne serait-il pas finalement celui qui guidera le LHC au moins jusqu’au terme de l'exercice?

13. Gottéron est tellement bon cette saison qu’il en devient presque ennuyant: ça joue bien, ça défend bien, ça gagne (de nouveau), ne crions pas victoire mais Rathgeb fait moins de conneries et s’offre même des matches à cinq points (contre Bienne mardi), Dubé ne menace plus personne de se faire «trader» contre un seau de pucks et trois bouteilles de Dul-X, Raphaël Berger n’a pas encore dit «Ouais mais c’est vous les médias…» et les adducteurs/dos de Barry Brust et Laurent Meunier tiennent toujours le coup. Vivement le trou de novembre, que l’on puisse enfin reparler des Dragons!

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