Football: Équipe de Suisse: on a aimé, on n'a pas aimé

Publié

FootballÉquipe de Suisse: on a aimé, on n'a pas aimé

Une deuxième mi-temps de feu, les fans et Johan Djourou: découvrez ce que «Le Matin» a apprécié (ou pas) lors de la victoire suisse à Riga.

par
Tim Guillemin
Riga

La Suisse est allée s'imposer de manière convaincante dimanche soir en Lettonie (3-0). Il y a beaucoup de motifs de satisfaction à retirer de ce match. Mais aussi quelques points à corriger avant le mois d'octobre et l'explication finale avec la Hongrie et le Portugal. Notre sélection.

Ce qu'on a aimé

Le but de Haris Seferovic

C'est fou quand même, la confiance. L'avant-centre de l'équipe de Suisse est tellement «en fine» qu'à peu près tous les gestes qu'il tente finissent au fond des filets adverses. A la 9e minute, il coupe ce centre au premier poteau comme il l'a fait des centaines de fois dans sa carrière. Sauf que Seferovic est en confiance ces dernières semaines et que sa reprise passe la ligne avec passablement de réussite. Tant mieux pour la Suisse. Et pour les supporters de Benfica, aussi.

La deuxième mi-temps de la Suisse

La fin de la première période avait laissé un petit parfum d'inquiétude. Pourquoi la Suisse avait-elle reculé ainsi face à des Lettons tout sauf entreprenants? Les Baltes auraient même pu égaliser juste avant la pause sans que ce soit un scandale. Heureusement, la deuxième période a levé tous les doutes. La Suisse a repris le dessus, mentalement et techniquement, et a livré une de ses meilleures mi-temps depuis longtemps. Des enchaînements de qualité, de la volonté et un 0-2 absolument magnifique (passe en profondeur de Johan Djourou qui surprend le milieu de terrain letton, déviation très subtile de Haris Seferovic et finition parfaite de Blerim Dzemaili). Du très bon travail, vraiment.

Le six sur six contre les «petites nations»

Battre deux fois Andorre, les Féroé et la Lettonie n'a rien d'insurmontable quand on prend les matches les uns après les autres, comme savent si bien le faire les footballeurs. Mais enchaîner sans (trop) trembler, voilà qui est quand même plus remarquable. Dans un passé pas si lointain, il arrivait à la Suisse de trébucher à l'une ou l'autre occasion. Force est de constater que ce n'est plus le cas. Dimanche à Riga, la victoire suisse a mis neuf minutes à se dessiner. Le temps pour Haris Seferovic de frapper. C'était une formalité? La France a prouvé face au Luxembourg que gagner un match n'en était jamais une. Jamais.

Les supporters de la Nati

Déjà, ils étaient près de 2000, ce qui est remarquable en soi. Et surtout, ils ont mis une belle ambiance dans le stade du Skonto, sans aucune agressivité (comme toujours), mais avec un bel entrain. Bravo mesdames et messieurs.

La réponse de Johan Djourou

Quand on est critiqué de manière injuste, la meilleure manière de répondre est d'être bon sur le terrain. Ce qu'il a fait, malgré une hésitation sur son premier ballon. Aussi efficace dans les duels qu'en conférence de presse: cela s'appelle assumer.

Ce qu'on a moins aimé

La sortie de Granit Xhaka

Evidemment, il s'est excusé après et il a eu raison de le faire. Il ne faut pas y voir l'expression d'un malaise de la part du milieu de terrain de l'équipe de Suisse. Surtout pas. Granit Xhaka se sent bien dans cette équipe, dont il est devenu l'un des patrons. Son rôle de leader, il l'assume. Sa réaction en sortant est cependant une erreur, une vraie. Il n'était pas content de sortir? D'accord. Il a le droit de le montrer. Mais pas de manière aussi désagréable, pas en snobant ainsi Denis Zakaria venu lui taper dans la main. Xhaka a du caractère, tout le monde le sait. Mais il doit se rappeler qu'il porte le maillot de l'équipe de Suisse, même quand il est en colère. Cette impulsivité-là n'est pas saine. Il le sait et il a eu le mérite de venir s'en expliquer avec le sourire. Il ne s'agit pas de changer la nature profonde de ce jeune homme: c'est aussi elle qui fait sa force. Mais tempérer ses accès de mauvaise humeur, par contre, est une nécessité. Ne serait-ce que pour l'image.

Le match de Xherdan Shaqiri

Autant on l'avait trouvé formidable face à Andorre, et on l'avait écrit, autant dimanche, l'attaquant a été transparent. Il y a une raison tactique, déjà. Face aux Andorrans, Admir Mehmedi occupait le poste de numéro 10 et Shaqiri pouvait dézoner avec lui autant de fois qu'il le désirait (c'est-à-dire souvent). Dimanche à Riga, c'est Blerim Dzemaili qui occupait cette position et vu qu'il ne peut pas jouer sur le côté, même ponctuellement, «XS» est resté collé à la ligne, ce qu'il n'apprécie pas trop. Mais il n'a pas triché: il avait envie de jouer et cela s'est vu. Son état d'esprit n'est pas à critiquer. De loin pas, même. Mais dans le jeu, il n'a pas été brillant et c'est bien là tout son problème: il n'arrive pas à se montrer constant d'un match à l'autre. S'il y arrivait, mon Dieu, quel joueur ce serait...

Le penalty de Blerim Dzemaili

On ne va pas surtout écrire ici que marquer un penalty est un geste facile. Blerim Dzemaili voulait tellement prouver qu'il était adroit devant le but qu'il a décidé de frapper ce penalty en force, avec toute la rage possible. Et il l'a mis un bon mètre au dessus, ce qui est tout de même un exploit vu que la cage ne fait que 244 centimètres de haut. Heureusement, il s'est bien rattrapé en faisant preuve d'énormément de sang-froid, cette fois, pour battre Andris Vanins un peu plus tard.

Ton opinion