Hockey sur glace: Équipe nationale: gros désaccord entre les clubs et la Fédération
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Hockey sur glaceÉquipe nationale: gros désaccord entre les clubs et la Fédération

Début février, l’équipe de Suisse est censée disputer un tournoi avec deux matches amicaux à Füssen. Devant l’envie de la Fédération de se rendre coûte que coûte en Allemagne, les clubs font bloc.

par
Grégory Beaud
22.09.2020; Ittigen bei Bern; Medienkonferenz Swiss Ice Hockey; 
Director National Teams Lars Weibel 
(Claudio de Capitani/freshfocus)

22.09.2020; Ittigen bei Bern; Medienkonferenz Swiss Ice Hockey;
Director National Teams Lars Weibel
(Claudio de Capitani/freshfocus)

freshfocus

«C’est la guerre entre les clubs et la Fédération. Je ne sais pas comment cela peut bien se terminer.» Un CEO de National League, qui préfère garder l’anonymat, confirme les problèmes qui existent actuellement entre les clubs de NL et la Fédération. Comme évoqué par Watson, le point de friction se situe au niveau du tournoi que l’équipe de Suisse doit disputer début février à Füssen. «Nous avons déjà renoncé aux deux premiers rassemblements de la saison, précise Lars Weibel, directeur des équipes nationales. Ce n’est pas concevable de disputer un championnat du monde sans la moindre rencontre amicale ni le moindre entraînement. Tout le monde doit faire des compromis. Les clubs aussi. A l’heure où nous nous parlons, le but est de convoquer la meilleure équipe possible.»

Concrètement, le championnat devrait se mettre en pause durant une semaine début février afin que l’équipe de Patrick Fischer dispute deux matches le mercredi et le jeudi. «Comme je vous l’ai dit, nous avons fait des compromis. En jouant à ces dates, nous laissons même la possibilité aux clubs de planifier des rencontres de championnat le week-end précédent et celui d’après.»

«C’est une pandémie, il faut s’en rendre compte»

Lars Weibel va encore plus loin en proposant que le championnat se poursuive malgré ces matches des équipes nationales. «Nous pourrions imaginer que les clubs jouent sans leurs internationaux. Comme je vous l’ai dit, nous sommes prêts à trouver des solutions.» Les solutions de la Fédération ne sont pas au goût des clubs qui sont unanimement opposés à ces rencontres en parallèle. «C’est une pandémie, je n’ai pas l’impression que la Fédération s’en rende bien compte, nous confie un CEO de club. Ce n’est pas une saison normale et il faudrait peut-être commencer à en avoir conscience. Regardez le classement: Berne a à peine disputé 20 matches aujourd’hui. Nous aurons déjà du mal à jouer le nombre suffisant de rencontres pour terminer le championnat.»

L’idée de poursuivre le déroulé de la National League sans les joueurs internationaux ne fait pas mouche non plus. Bien au contraire. «Absurde, poursuit un autre dirigeant de club. Vous croyez vraiment que les clubs qui luttent pour les play-off vont laisser partir leurs meilleurs éléments? Demandez à Martin Steinegger s’il accepte de jouer trois matches sans Cunti, Rathgeb et Brunner alors que Bienne est actuellement en train de remonter au classement. Je donne cet exemple, mais il y en a plein d’autres. Fribourg laisserait-il partir Berra durant trois matches? Demandez à Lausanne s’ils sont d’accord de se présenter sans Bertschy, Frick et Genazzi. Aucun club n’acceptera.»

Le risque de contamination n’est pas plus élevé en équipe nationale qu’ailleurs.

Lars Weibel, directeur des équipes nationales

Dans le débat, le risque épidémiologique n’a pas encore été mis sur le tapis. Un directeur sportif le convie. «Vous croyez vraiment que c’est une bonne idée de faire venir des gars de tous les clubs dans le même vestiaire? Et si un cas de coronavirus se déclare, on fait comment, après? On met toutes les équipes avec des internationaux en quarantaine?» Cet argument du risque sanitaire, Lars Weibel l’entend et le comprend. Toutefois, il n’infléchit pas sa position: «Oui cela comporte des risques, précise l’ancien gardien. Mais y a-t-il vraiment un endroit qui est sûr actuellement? Le risque de contamination n’est pas plus élevé en sélection nationale qu’ailleurs. L’équipe de Suisse de football se réunit tout comme celle de handball. Alors pourquoi devrait-il en être autrement pour celle de hockey sur glace? Notre protocole et les standards d’hygiène seront les plus élevés possibles afin de garantir la sécurité de tous.»

A la question de savoir à quel moment une décision définitive interviendra, Lars Weibel ne laisse qu’une petite ouverture. «Nous allons nous calquer sur les décisions du Conseil fédéral, précise-t-il. Si d’ici là des mesures plus strictes sont édictées notamment en matière de voyage, il est évident que nous n’allons pas les transgresser. Mais à l’heure où nous nous parlons, la situation est la suivante: l’équipe de Suisse participera à ce tournoi. Cela fait un mois qu’on me demande à quel moment une décision définitive va tomber. C’est désormais le cas.»

Les formations de National League pourraient-elles refuser d’envoyer leurs joueurs à ce rassemblement? «Lorsque je vois la grogne de tous les clubs en ce moment, je peux l’imaginer. Mais nous n’avons pas encore concrètement parlé dans ce sens, précise un CEO contacté. J’espère que nous n’aurons pas à le faire. En terme d’image, ce serait vraiment mauvais pour tout le monde.»

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