Turquie: Erdogan plaide pour la formation rapide d'une coalition
Publié

TurquieErdogan plaide pour la formation rapide d'une coalition

Le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a réclamé la formation «aussi vite que possible» d'un gouvernement de coalition.

Le président islamo-conservateur de Turquie Recep Tayyip Erdogan.

Le président islamo-conservateur de Turquie Recep Tayyip Erdogan.

ARCHIVES, Keystone

Recep Tayyip Erdogan a rompu ce jeudi 11 juin le silence qu'il observait depuis le revers subi par son parti aux élections législatives en Turquie.

Le président islamo-conservateur a réclamé la formation «aussi vite que possible» d'un gouvernement de coalition.

«Tout le monde doit mettre de côté son ego (...) et former aussi vite que possible un gouvernement» de coalition, a déclaré Recep Tayyip Erdogan à Ankara, lors de sa première apparition publique depuis le scrutin.

Le Parti de la justice et du développement (AKP) est arrivé en tête du scrutin de dimanche en recueillant 40,8% des voix. Il a toutefois subi un recul de près de 10 points par rapport à son score de 2011 (49,9%), ce qui l'a privé de la majorité absolue qu'il détenait depuis treize ans au Parlement.

Avec seulement 258 des 550 sièges de députés, l'AKP est contraint pour la première fois de former une coalition avec un ou plusieurs des trois partis de l'opposition. Cette tâche s'annonce compliquée.

«Nous ne pouvons pas laisser la Turquie sans gouvernement, sans tête», a plaidé le chef de l'Etat lors d'un discours devant la chambre de commerce d'Ankara. «Ceux qui priveraient la Turquie d'un gouvernement en paieront le prix», a-t-il mis en garde.

AKP isolé

Le chef du principal parti d'opposition, Kemal Kiliçdaroglu, lui a immédiatement répondu sur son compte Twitter que son Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) «travaille avec acharnement pour sortir la Turquie de cette situation difficile».

Comme il l'avait fait dès lundi dans une courte déclaration écrite, Recep Tayyip Erdogan a insisté sur la nécessité absolue de préserver la stabilité du pays.

Les deux principaux adversaires de l'AKP, le CHP et le Parti de l'action nationaliste (MHP, droite) ont obtenu 132 et 80 sièges. Le parti prokurde HDP (Parti démocratique du peuple) a réussi une performance historique en envoyant 80 députés à l'Assemblée. La constitution d'un gouvernement de coalition s'annonce particulièrement délicate, car les trois partis ont jusque-là rejeté publiquement toute idée d'alliance avec l'AKP.

Jeudi, Recep Tayyip Erdogan a clairement signalé à ses adversaires que ce camouflet ne signifiait pas qu'il allait se taire ou renoncer à jouer un rôle politique.

Médias occidentaux épinglés

«Personne ne doit douter que je remplirai tous les devoirs qui m'incombent en tant que président, dans le cadre de la Constitution», a-t-il assuré, «en tant que premier président de Turquie élu au suffrage universel, j'ai une responsabilité bien plus grande».

Recep Tayyip Erdogan a également repris son offensive contre les médias occidentaux, les accusant de le décrire comme «méchant» et «agressif». «J'ai du mal à comprendre leur intolérance», a-t-il lancé, avant de dénoncer à nouveau les pays européens accusés de laisser «se noyer» des milliers de réfugiés qui tentent d'entrer sur leur sol.

(ats)

Votre opinion