Actualisé 09.10.2019 à 09:39

Eric Zemmour fait fuir Nutella

France

Interpellé par des activistes, le fabricant de la célèbre pâte à tartiner à décidé de ne plus diffuser ses pubs avant l'émission du polémiste.

par
lematin.ch
C'est un collectif qui s'est attaqué à Eric Zemmour en apostrophant les annonceurs de la chaîne qui diffuse son émission.

C'est un collectif qui s'est attaqué à Eric Zemmour en apostrophant les annonceurs de la chaîne qui diffuse son émission.

AFP

Visiblement, Ferrero France craint la mauvaise publicité. La marque diffuse des spots de son produit-phare, Nutella, la célèbre pâte à tartiner, sur toutes les chaînes françaises, dont Paris Première. Mais le 3 octobre dernier, la filiale française de l'industriel italien se fait interpeller sur Twitter: «En passant vos pubs sur Paris Première pendant l'émission de Zemmour, vous le cautionnez et le financez. Est-ce délibéré?» demande un collectif du nom de Sleeping Giants. Ce dernier rappelle également que le polémiste est connu pour ses propos incitant à la haine raciale et religieuse, pour lesquels il a déjà été condamné. Et récemment, il a de nouveau fait la une de l'actualité pour un violent discours prononcé lors de la Convention de la droite.

Ce mercredi, soit cinq jours après cette critique, Ferrero a répondu sur Twitter, a constaté BFMTV. La marque assure qu'elle avait effectivement un spot, mais avant l'émission de Zemmour et pas pendant, qu'elle ne cautionne en aucun cas ses propos et que d'ailleurs elle ne connaissait ni le contenu ni la programmation de l'émission au moment où elle a acheté cet espace pub. Mais surtout, elle précise qu'elle a demandé à la chaîne d'exclure désormais ce programme des plages de diffusion des publicités Ferrero.

L'arme de l'argent

Une décision applaudie par certains sur Twitter, condamnée par ceux qui soutiennent Zemmour et critiquée par ceux qui reprochent à Ferrero son propre manque d'éthique concernant notamment l'huile de palme. «Pour sauver les orangs-outans, programmez Zemmour partout», écrit notamment un internaute.

Selon BFMTV, Sleeping Giants fait partie de ces collectifs qui sont apparus depuis peu en France et qui traquent les discours de haine dans les médias et sur les réseaux sociaux. L'une de leurs techniques de lutte est précisément d'interpeller les marques qui font de la pub autour de ces contenus, dans l'espoir qu'elles la retirent et que le manque à gagner assèche financièrement les diffuseurs ou les incite à supprimer ces émissions.

Une démarche qui semble connaître un certain succès puisque, selon «Le Parisien», la MAIF, Groupama, et Monabanq ont également décidé de ne plus être associés aux émissions de Zemmour, sur Paris Première et même sur CNews ou le polémiste n'est que pressenti pour animer un débat quotidien.

Michel Pralong

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