28.11.2014 à 10:55

EtudeErnst & Young juge les assureurs trop frileux

Selon une étude du cabinet d'audit comptable et de conseils, les compagnies d'assurances helvétiques se focalisent essentiellement sur la réduction des coûts.

Selon l'étude de Ernst & Young, les assureurs helvétiques sont trop frileux.

Selon l'étude de Ernst & Young, les assureurs helvétiques sont trop frileux.

Keystone

Ernst & Young (EY) trouve qu'en étant ainsi «trop prudentes», les compagnies d'assurances manquent ainsi les opportunités générées par les changements technologiques.

Dans sa nouvelle étude «Baromètre 2014 des assurances», réalisée avec le concours de l'Université de St-Gall et dévoilée ce vendredi 28 novembre, EY constate que les changements démographiques, le bas niveau des taux d'intérêt, une réglementation renforcée et les nouvelles technologies suscitent des interrogations quant à l'avenir de la branche. Actuellement, celle-ci se préoccupe tout particulièrement de la pression réglementaire.

De l'avis des dirigeants des onze plus grandes compagnies d'assurances suisses sondés dans le cadre de l'étude, l'aspect réglementaire, avec comme corollaire la crainte d'une liberté d'action restreinte, représente le plus grand défi à relever. Le maintien, voire l'accroissement des fonds propres constitue également une source de préoccupation.

Sans surprise, les assureurs estiment que le modèle actuel de prévoyance se trouve sous la menace par des taux d'intérêt demeurant à un niveau historiquement bas. Dans un tel contexte, il leur est toujours plus difficile de financer des prestations garanties.

Grand écart

«Les assureurs sont contraints de faire le grand écart: d'un côté, ils doivent rester fidèles à l'idée d'assurance, de l'autre, ils doivent obtenir un rendement raisonnable», observer le responsable assurance chez EY Suisse, Thomas Brotzer, cité dans le communiqué.

La moitié des dirigeants sondés fait également part de la menace que représente l'arrivée de nouveaux concurrents sur leur marché, facilitée par l'évolution technologique. EY mentionne à ce titre l'assurance automobile, bousculée par l'irruption des constructeurs et de prestataires en ligne.

Moins de 30% des entreprises sondées prévoient ainsi une expansion à l'étranger au cours des deux à quatre prochaines années. Dans un marché suisse saturé, les assureurs accordent la priorité à la réduction des coûts.

A en croire les auteurs de l'étude, la branche n'a pas pris la mesure des défis que représentent l'évolution technologique et la numérisation. Thomas Brotzer met en garde contre le risque de se focaliser sur le remplacement de l'infrastructure informatique au détriment d'une évolution du modèle d'affaires.

(ats)

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