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Etat IslamiqueEsclaves sexuelles des djihadistes

Des milliers de femmes Yézidis et chrétiennes ont été réduites en esclavage. Certaines seraient dans des bordels.

par
Laszlo Molnar
dr

Deux à trois mille femmes et jeunes filles Yézidis et chrétiennes seraient détenues par les islamistes en Syrie et en Irak. «Ces prisonnières de l’Etat islamique (EI) sont traitées comme des esclaves», a rapporté mardi le Middle East Media Research Institute (MEMRI). «A Mossoul ou a Raqqa, elles sont enfermées dans des bordels dirigés par des femmes djihadistes étrangères», affirment le Mirror et le Daily Mail . «Afin de leur épargner d’affreuses souffrances et des humiliations, des Yézidis réfugiés au Kurdistan ont demandé aux peshmergas (ndlr: les combattants kurdes) de bombarder les lieux où elles sont détenues, car la mort ne peut être qu’un soulagement pour elles», a rapporté le Time .

«Nous sommes leur butin»

Si personne n’a pu vérifier ces informations sur place, un journaliste de La Repubblica est parvenu à entrer en contact téléphonique avec une jeune Yézidi de 17 ans, détenue à Raqqa. Cet entretien a été encouragé par les combattants de l’EI, qui ont laissé à des prisonnières leur téléphone mobile pour qu’elles révèlent au monde les «punitions» que doivent subir les «infidèles».

«Nos tortionnaires n’épargnent personne. Ils s’en sont même pris à des petites filles de moins de 12 ans. Certaines sont devenues muettes à force d’être abusées par les djihadistes. Beaucoup de mères ont tenté de se suicider après ça», a témoigné l’adolescente. Et de donner des détails encore plus sordides: «Les membres de l’EI procèdent à des viols collectifs plusieurs fois par jour. Ils nous traitent comme des esclaves. Ces hommes nous battent et nous menacent de mort si nous osons résister. Nous avons déjà demandé à de nombreuses reprises à nos geôliers de nous exécuter. Mais ils refusent car nous sommes leur butin de guerre, leurs choses. (…) Même si je devais survivre à tout cela, je ne sais pas comment je pourrais rayer de ma mémoire les abominations dont j’ai été l’objet.»

Pour compléter ce tableau des horreurs, le MEMRI a publié des messages envoyés sur les réseaux sociaux par des djihadistes français en Syrie au sujet de ces «esclaves». «J’ai entendu dire qu’il y avait des esclaves à vendre à Raqqa, est-ce vrai?» demande un islamiste. «J’en ai vu, elles coûtaient autour de 180 dollars», répond un autre. «Elles sont idolâtres, il est donc normal qu’elles soient esclaves. A Mossoul elles sont dans une pièce, elles pleurent. Il y en a même une qui s’est suicidée», précise un troisième.

Ces nouvelles révélations sur les atrocités sans fin commises par les djihadistes vont renforcer la décision des Américains d’intensifier leurs bombardements sur le territoire contrôlé par l’Etat islamique.

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