Publié

JO 2016Escrime: Benjamin Steffen «chocolat»

Le Bâlois a échoué au pied du podium à l'épée, battu dans la petite finale par le Français Gauthier Grumier.

1 / 143
La joie de Nino Schurter avec sa médaille d'or autour du cou sur le podium (21 août 2016).

La joie de Nino Schurter avec sa médaille d'or autour du cou sur le podium (21 août 2016).

Keystone
Avec trois médailles d'or, deux d'argent et deux de bronze, l'objectif minimal a été dépassé pour la Suisse à Rio.

Avec trois médailles d'or, deux d'argent et deux de bronze, l'objectif minimal a été dépassé pour la Suisse à Rio.

Keystone
Après des médailles de bronze et d'argent en 2008 et 2012, Nino Schurter s'est enfin paré d'or en VTT (21 août 2016).

Après des médailles de bronze et d'argent en 2008 et 2012, Nino Schurter s'est enfin paré d'or en VTT (21 août 2016).

Keystone

Que d'espoirs anéantis pour les Suisses! Partis pour une médaille, au moins, les Helvètes (Benjamin Steffen, Max Heinzer et Fabian Kauter) repartent les mains vides du concours individuel à l'épée des JO de Rio. Le plus valeureux, Steffen, s'est incliné 15-11 dans le duel pour le bronze face au Français Gauthier Grumeau, no 1 mondial.

L'ex-sparring-partner de Marcel Fischer - lorsque ce dernier avait conquis le titre olympique à Athènes en 2004 - a très bien maîtrisé sa journée... jusqu'à ses deux derniers duels. En demi-finale, Steffen, qui disputait ses premiers Jeux à 34 ans, a perdu contre le prodige sud-coréen de 20 ans Sang-Young Park (15-9), le futur médaillé d'or, avant de laisser s'échapper sa deuxième chance de podium dans le match pour le bronze.

Steffen (no 13 mondial) aura été vaillant auparavant dans ses trois premiers duels, parfois chanceux aussi, comme lors de cette victoire à l'arraché, en prolongations, contre l'Ukrainien Bodgan Nikishin (no 4 mondial) en 8es de finale. Au premier tour aussi, il s'était imposé de justesse (15-14).

Pente ascendante

Mais cette performance doit être estimée à sa juste valeur. Puissant, dans une condition physique exceptionnelle, le maître de sport bâlois est capable comme peu de ses pairs de lire le jeu de ses rivaux. Dans un style nettement plus posé que Max Heinzer, il place ses banderilles patiemment et incarne depuis des années le fidèle troisième homme qui a permis à l'équipe de Suisse de remporter de nombreux podiums par équipes aux Championnats d'Europe et du monde.

Mais à titre individuel, Steffen n'avait encore jamais fait mieux qu'une 6e place aux Championnats d'Europe et une 21e au Mondiaux... avant cette 4e place olympique extrêmement frustrante, mais qui peut avoir valeur d'encouragement. En tout cas, le Bâlois aura à coeur, dimanche dans le concours par équipes, de prendre sa revanche avec ses coéquipiers. A condition de passer l'obstacle initial, contre l'Italie.

Steffen avait terminé 2e en avril de la répétition générale avant ces JO, le «test event» de Rio. Il est sur la pente ascendante. Piètre consolation peut-être pour ce valeureux équipier en qui ses coaches ont toujours cru, et continuent à croire.

Le bourreau

Avant de battre Steffen en demies et de s'offrir le titre en finale contre le Hongrois Geza Imre, Park avait déjà été le «bourreau» de Max Heinzer en quarts de finale. Ce jeune prodige de 20 ans, vainqueur il y a deux ans du Grand Prix de Berne et vice-champion du monde par équipes la même année, s'était montré sans pitié pour Max Heinzer (15-14). Le Schwytzois, il est vrai, avait des circonstances atténuantes, même s'il ne cherchait pas d'excuses.

«Je me suis fait mal à l'échauffement entre les 8es et les quarts. J'ai l'habitude de faire quelques sprints - en l'occurrence dans la tente des athlètes - avant chaque duel, et j'ai soudain ressenti un tiraillement au mollet droit et à une cuisse. Je ne sais pas si c'est une crampe ou une élongation. Pendant l'affrontement, j'ai assez vite constaté que je n'aurais aucune chance dans ces conditions. A la fin, je n'ai pas voulu prendre de risques. J'ai pensé au tournoi par équipes de dimanche. Mais je ne prends pas ça comme une excuse. Je dois m'améliorer et ce qui est arrivé est de ma faute.»

Heinzer explique son histoire sans signe d'abattement, contrairement aux JO de Londres en 2012, où il avait été sorti en 8es de finale alors qu'il faisait partie des grands favoris.

Moins de regrets

Le troisième homme de l'équipe de Suisse, en fait le deuxième sur le papier puisqu'il est no 12 mondial (Heinzer 10e), Fabian Kauter, a été sorti en 8es de finale, comme il y a quatre ans à Londres. Mais les regrets sont moins prononcés cette fois. «J'ai eu le sentiment de pouvoir produire mon escrime», a expliqué le Bernois, battu in extremis (15-14) par le Guadeloupéen Yannick Borel, champion d'Europe en titre.

Longtemps nettement mené au score, Kauter a pu renverser la vapeur pour mener 12-11, mais Borel a fini par porter l'estocade finale sur une dernière attaque éclair que Kauter avait pourtant anticipée, mais qu'il n'a pu parer. Steffen devait ensuite venger son coéquipier en battant Borel 15-10 en quarts, mais cet exploit sera malheureusement resté sans suite.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!