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FootballEspagne - L'Athletic Bilbao fait ses adieux à la "Cathédrale" de San Mames (MAGAZINE)

Par Christophe LEHOUSSE MADRID, 23 mai 2013 (AFP) - L'Athletic Bilbao s'apprête à faire ses adieux dimanche à la "Cathédrale" de San Mames, seul stade à avoir vu toutes les éditions du championnat d'Espagne depuis ses débuts et qui sera prochainement démoli pour laisser place à la nouvelle enceinte de l'équipe basque.

Dimanche contre Levante, après une saison où l'Athletic a souffert pour terminer dans le ventre mou de la Liga, le spectacle sera autant en tribunes que sur la pelouse: un siècle après son édification - sa première pierre fut posée le 20 janvier 1913 - la "Cathédrale" résonnera pour la dernière fois en championnat des encouragements et des prières de son public. L'enceinte centenaire - à l'architecture si caractéristique avec son arche en acier coiffant la tribune principale - doit être détruite à partir du 6 juin pour permettre d'achever la construction du nouveau San Mames, collé à l'ancien. Derrière les tribunes de l'enceinte actuelle, pointent déjà les contreforts du nouveau stade, où l'Athletic évoluera la saison prochaine et dont le budget final s'élève à un peu moins des 218 millions d'euros initialement prévus. Une dépense couverte à parts égales par le club, une banque basque et des financements publics. Dimanche, les 40.000 supporteurs que peut contenir le vieux stade à l'anglaise rendront un dernier hommage à leur "Cathédrale". Parmi eux, Joseba Moro, 45 ans, qui s'apprête à publier un livre sur l'histoire du stade édité par le club. Ce "socio", entré pour la première fois à San Mames à l'âge de 12 ans, retient surtout la dimension historique du lieu. "Ce qui fait de San Mames un stade spécial, encore plus que son public, c'est la charge historique qu'il contient. Ce stade a une histoire de 100 ans et une touche mythique. C'est un stade qui a vu tous les matches de Liga, ce dont même le Bernabeu (à Madrid) et le Camp Nou (à Barcelone) ne peuvent s'enorgueillir", argumente-t-il. Arche mythique Anton Miralles, un supporteur de 59 ans qui a lui connu l'époque du grand Athletic des années 80 - double champion d'Espagne en 1983 et 1984, vainqueur de la Coupe du Roi en 1984 - insiste davantage sur la ferveur de la "Cathédrale". "J'ai vécu des moments magiques à San Mames, se souvient-il. Dans aucun autre stade je n'ai vu tant d'enthousiasme. Quand le latéral montait, il y avait le long de la tribune une clameur qui te donnait la chair de poule. A Boca Juniors en Argentine, ils disent que Boca n'est pas un club, mais un sentiment. Je dirais la même chose de l'Athletic". San Mames, lieu de liesse, mais aussi de souffrance, à l'image du martyr jeté aux lions par les Romains, dont le stade a pris le nom. Si Anton Miralles affirme être devenu plus philosophe avec les années, il reconnaît avoir souffert en 1977, lors de la finale de la Coupe de l'UEFA en match aller-retour perdue par les "Lions" (victoire à domicile insuffisante 2-1 au retour, après une défaite 1-0 à l'aller). "Le stade change, mais l'esprit reste", constate un autre "socio" prénommé Diego, qui refuse de donner son nom de famille. Passionné par le déménagement au point d'avoir consacré un site internet à l'événement (sanmames.org), cet ingénieur de 37 ans souligne que l'histoire continue. "Une des réussites du nouveau San Mames, c'est qu'il restera au coeur de la ville, à côté de l'ancien. A cela s'ajoutent les lumières qui s'allumeront selon que l'Athletic y jouera ou pas, et les vues qu'on aura du stade depuis le fleuve. Tout cela va sans doute compenser le charme de l'ancien stade avec son arche mythique." Dimanche, les fidèles célébreront en tout cas une dernière grand-messe à la gloire de leur "Cathédrale" qui, bientôt, redeviendra poussière. cle/sg/es

(AFP)

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