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footEspagne - Real Madrid: Zidane est-il prêt? (ANALYSE)

Par Corentin DAUTREPPE Paris, 5 jan 2016 (AFP) - Zinédine Zidane est-il taillé pour le poste d'entraîneur du Real Madrid ? Pour le clan des optimistes, il y a son passé d'artiste-joueur au CV phénoménal et pour les pessimistes, comme une partie de la presse espagnole, son inexpérience en tant que coach au haut niveau.

"C'est le meilleur joueur de l'histoire", a tranché le pourtant peu madridiste Pep Guardiola. "Il connaît tout sur le foot et sur les médias". Zidane, c'est trois buts en finale de Coupe du Monde (1998 et 2006), dont l'une a été remportée, une volée sublime en finale de Ligue des Champions gagnée avec le Real Madrid, une vision du jeu et une qualité technique encore visionnées des millions de fois sur internet. Du capitaine Sergio Ramos, qui a évolué une saison aux côtés de "Zizou", aux plus jeunes Isco ou Jese, en passant par les Français Karim Benzema et Raphaël Varane, tout le monde au Real connaît Zidane. Et s'il n'a pas gagné autant de Ballons d'Or (un seul) que la megastar madrilène Cristiano Ronaldo (trois), l'ancien meneur de jeu a la légitimité pour s'adresser à son leader technique. "Quand il va parler, l'impact sera au moins d'égal à égal avec qui que ce soit dans son vestiaire, il n'aura pas le même rapport qu'avec un autre entraîneur lambda", explique ainsi à l'AFP le responsable de la formation des cadres techniques à la Fédération française de football (FFF), Guy Lacombe. Et celui qui forma le jeune ZZ à Cannes insiste: "Je peux dire les mêmes paroles que Zinédine, mais si lui les dit, ça n'aura pas du tout le même poids!" "Zizou" a procédé avec méthode pour se forger sa compétence de coach. Entre 2011 et 2013, il entame une formation de manageur de club professionnel au Centre de droit et d'économie du sport (CDES) de Limoges où il s'est montré "construit, réfléchi, bosseur", selon le directeur du centre Jean-Pierre Karaquillo. "Il n'a rien fait de manière folklorique, n'a obtenu aucun passe droit. Il est très lucide sur lui-même et a su se remettre en cause." Il a reçu un diplôme français, reconnu par l'UEFA et considéré comme l'un des plus exigeants à passer. "Pour l'avoir supervisé, je peux dire qu'il avait besoin de découvrir le métier d'entraîneur", détaille Guy Lacombe. "C'est un autre monde. Quand on est joueur on doit penser d'abord à soi, à son jeu, tout en ayant le sens de l'équipe. Mais entraîner, c'est gérer le groupe, prendre les décisions, mettre en place le projet de jeu et faire progresser les joueurs..." "Ca ne sera pas une promenade de santé pour lui", prévient d'ailleurs dans la Gazzetta dello Sport Marco Materazzi, cible du fameux coup de boule qui a conclu la carrière de Zidane. "Même pour les anciens grands joueurs, une fois devenu entraîneur vous êtes condamné à avoir des résultats après deux ou trois matches." "Ce sont les résultats qui vont lui donner la légitimité d'entraîneur", abonde Lacombe. Car les grands joueurs ne font pas automatiquement de grands entraîneurs, comme l'ont montré les précédents Diego Maradona à la tête de la sélection argentine, ou Marco Van Basten aux manettes des Oranje ou de l'Ajax Amsterdam. Et "Zizou" est encore inexpérimenté sur un banc de touche: adjoint de Carlo Ancelotti au Real en 2013/14, Zidane n'a coaché aucune équipe au plus haut niveau, mais uniquement la Castilla. Et il n'a pas réussi à ramener la réserve du Real en deuxième division en 2015, la laissant actuellement en 2e position au classement actuel de la Segunda B (troisième division). "Il a une expérience et celle qui lui manque, il va l'acquérir maintenant", veut croire l'ancien gardien madrilène Paco Buyo. "Il est peut être un peu neuf mais il a entre ses mains un potentiel (l'équipe, ndlr) fantastique et il a de grandes connaissances". Mais au bout du compte, avertit Lacombe, Zidane ou pas, c'est "la vérité du terrain qui sera la plus importante." bur-cda/pgr/yk

(AFP)

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