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footEspagne - Real Sociedad: Moyes, le changement se fait attendre (MAGAZINE)

Madrid, 29 jan 2015 (AFP) - Arrivé en novembre à la Real Sociedad, l'entraîneur écossais David Moyes n'a pas encore réussi à métamorphoser l'équipe basque, qui stagne dans le ventre mou du Championnat d'Espagne avant d'aller défier le Real Madrid samedi au stade Santiago-Bernabeu (15h00 GMT).

Lorsque Moyes a été nommé, le club de Saint-Sébastien était 19e au classement de Liga et restait sur huit matches sans victoire. Deux mois plus tard, la Real Sociedad a un peu relevé la tête mais sa situation reste inconfortable: onzièmes avec 22 points, les Basques sont bien plus proches du premier relégable (Almeria, 16 pts) que du dernier qualifié pour l'Europe (Villarreal, 38 pts). Du coup, le bilan de Moyes paraît en demi-teinte. Quand son prédécesseur Jagoba Arrasate avait subi une élimination en barrages de l'Europa League devant Krasnodar (1-0, 0-3), l'Écossais a cédé en huitième de finale de Coupe du Roi face à Villarreal (1-0, 2-2). Mais l'éphémère manageur de Manchester United (2013-2014) veut pour sa part retenir le verre à moitié plein: une solidité défensive retrouvée et un petit écart creusé sur la zone de relégation en Liga. "Il est important que nous ne soyons pas impliqués dans la bataille pour le maintien", a martelé le technicien le week-end dernier. Un objectif louable mais loin des standards récents du club, qui disputait la Ligue des champions il y a seulement un an. La Real Sociedad a beau être l'un des clubs espagnols les plus proches culturellement du football britannique, la greffe Moyes n'a pas encore pris. Certes, le jeu est plus direct, la défense mieux positionnée et les joueurs affichent une "détermination" nouvelle, selon leur entraîneur, qui avait promis à son arrivée qu'il serait "dur avec eux". Mais cette discipline semble peser sur la créativité en attaque: la Real est bien trop dépendante des coups de génie du Mexicain Carlos Vela. Comme à l'époque d'Arrasate. "J'aimerais gagner de manière plus convaincante", a reconnu Moyes, tout en se montrant pragmatique: "Parfois un seul but suffit pour gagner un match." Cela a été le cas contre Eibar samedi dernier (1-0) et également face au FC Barcelone début janvier (1-0), une victoire qui reste comme le gros coup du début de mandat de l'Écossais. Le succès face au Barça résume la trajectoire de club basque cette saison: contre-performances étonnantes face aux équipes modestes, exploits retentissants face au Real Madrid (4-2) ou l'Atletico (2-1). Du coup, on peut s'attendre à tout samedi au Bernabeu avec Moyes, dont la personnalité détonne en Liga. Le technicien ne parle pas encore espagnol mais des caméras l'ont filmé en train de haranguer depuis la touche son milieu "Stefano" Granero, dont le vrai prénom est... Esteban. Une autre image a fait sourire l'Espagne: expulsé en Coupe du Roi contre Villarreal, Moyes a trouvé refuge en tribune, où on l'a vu accepter des friandises offertes par une fillette. Mais cette scène lui a valu une sanction alourdie pour n'être pas resté dans son vestiaire après l'exclusion, comme le prévoit le règlement. Bref, pour Moyes, entraîner la Real Sociedad suppose encore un petit temps d'adaptation. jed/abl

(AFP)

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