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footEspagne/Transferts: le Real Madrid, club endetté mais dépensier (PAPIER D'ANGLE)

MADRID (Communauté de Madrid), 02 sept 2013 (AFP) - Le Real Madrid a beau avoir une dette estimée à près de 600 millions d'euros, le club merengue n'a semble-t-il eu aucune difficulté à dépenser environ 180 millions en transferts cet été, symbole de sa situation à part dans l'économie du football européen.

L'arrivée dimanche du Gallois Gareth Bale pour une somme comprise entre 91 et 101 millions, selon la presse, n'est que le nouvel épisode d'une politique d'acquisitions de stars - les "Galactiques" - conduite par le président Florentino Pérez sous ses deux mandats (2000-2006, puis de 2009 à ce jour). L'idée est simple: recruter les meilleurs joueurs, peu importe leur prix, et développer grâce à eux la marque "Real Madrid". Après Luis Figo en 2000 (61,7 millions d'euros), Zinédine Zidane en 2001 (75 millions), le Brésilien Ronaldo en 2002 (45 millions), l'Anglais David Beckham en 2003 (35 millions), puis le Brésilien Kaka (65 millions) et le Portugais Cristiano Ronaldo en 2009 (94 millions), le Real recrute un nouveau "Galactique" à prix d'or. L'indemnité versé pour Bale à Tottenham - 91 millions d'euros selon la presse espagnole, environ 100 d'après la presse anglaise - pourrait même faire du Gallois le nouveau joueur le plus cher de l'histoire si ce dernier chiffre est avéré. Le salaire évoqué pour l'attaquant de 24 ans, 11 millions d'euros nets par an, donne lui aussi le vertige, surtout pour un club qui affichait en 2012 une dette de 589 millions d'euros, selon un rapport financier transmis aux "socios". Pourtant, grâce à cette politique somptuaire, la "Maison blanche" est devenue en 2011-2012 le premier club tous sports confondus à dépasser les 500 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, selon le cabinet Deloitte. Dans ce total, il faut prendre en compte environ 150 millions de droits télévisés, beaucoup plus inégalement répartis dans le championnat espagnol qu'en France ou en Angleterre, Real Madrid et FC Barcelone se répartissant environ la moitié du gâteau. Le Real évalué à 3,3 milliards de dollars Les revenus du Real devraient à nouveau croître au cours des deux prochaines années à la faveur de contrats de partenariats revus à la hausse avec la compagnie aérienne Emirates (sponsor maillot) et l'équipementier Adidas, évalués à 29 et 31 millions d'euros par an respectivement. Et avec des recettes en billetterie et en produits dérivés parmi les meilleures en Europe et qui sont susceptibles d'augmenter à chaque signature d'un nouveau cador, les perspectives sont plutôt positives malgré la récession qui sévit en Espagne depuis deux ans. Le magazine Forbes a évalué au printemps la valeur de l'entreprise Real Madrid à 3,3 milliards de dollars (2,5 milliards d'euros), ce qui la classe au premier rang mondial parmi les clubs de sports, devant Manchester United (2,4 milliards d'euros) et le FC Barcelone (1,97 milliard d'euros). Pour autant, les millions d'euros dépensés cet été par le Real Madrid risquent d'être très critiqués dans le contexte de l'avènement du "fair-play financier" cher au président de l'Union européenne de football (UEFA) Michel Platini pour contraindre les clubs à appliquer une gestion budgétaire saine. L'entraîneur du FC Barcelone Gerardo Martino a estimé que le montant du transfert de Bale étaient "un quasi manque de respect pour le reste du monde" - même si pour recruter le Brésilien Neymar à l'intersaison, le Barça a dû de son côté verser la somme non négligeable de 57 millions d'euros. Michel Platini, qui a mis en oeuvre cette réforme consistant à sanctionner les clubs qui dépenseraient plus qu'ils ne gagnent, a de son côté dit ne pas être choqué par le prix évoqué pour Bale. "Cela ne me pose pas de problèmes si le club acheteur a les moyens de payer. Si le Real avait acheté trois joueurs à 30 millions d'euros, on n'aurait rien dit", a jugé l'ancien meneur de jeu de l'équipe de France dans une interview au quotidien L'Equipe la semaine dernière. kca-jed/bpa

(AFP)

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