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footEspagne - Valence-Real Madrid: Benitez-Neville, alerte rouge! (MAGAZINE)

Madrid, 2 jan 2016 (AFP) - Un ex-entraîneur des Reds contre un ex-capitaine des Red Devils: la rivalité Liverpool-Manchester United s'invite en Championnat d'Espagne dimanche avec des retrouvailles brûlantes entre l'entraîneur du Real Madrid Rafael Benitez et son homologue de Valence Gary Neville, tous deux en position délicate.

Pendant six saisons, Benitez et Neville ont ferraillé dans les joutes de la Premier League.

L'Espagnol a dirigé Liverpool de 2004 à 2010: il a remporté notamment la Ligue des champions 2005 mais n'a jamais réussi à décrocher le trophée de champion d'Angleterre, soulevé trois fois sur cette période par Manchester United, dont Gary Neville était alors le capitaine.

Evidemment, une telle rivalité sportive laisse des traces. Il faut se souvenir des nombreuses attaques lancées par voie de presse entre Benitez et Sir Alex Ferguson, alors manageur de "ManU" et mentor de Neville.

Il faut se remémorer aussi les multiples piques de Gary Neville à l'encontre de Liverpool, un club dont il a longtemps été la bête noire. Citons cette célébration effusive devant la tribune des supporteurs des Reds après une victoire in extremis de "ManU" en octobre 2006. Ou bien cette phrase, après l'élimination précoce de l'équipe de Benitez en Ligue des champions en 2009: "Liverpool n'a que ce qu'il mérite".

Leurs prises de fonction en 2015 n'ont pas été concomitantes: si Benitez est arrivé en juin dernier au Real Madrid, Neville a été appelé à la rescousse à Valence (10e, 22 pts) en décembre. Mais les deux techniciens ont en commun d'avoir mal débuté.

Le plus menacé des deux est évidemment Rafael Benitez. L'Espagnol semble s'être mis à dos plusieurs cadres du vestiaire merengue, son nom est régulièrement sifflé par le stade Santiago-Bernabeu et le jeu de son équipe ne décolle pas.

Dans ce contexte, le président Florentino Pérez a réaffirmé plusieurs fois son soutien à Benitez, après la gifle reçue à domicile face au FC Barcelone le 21 novembre (4-0) comme après le scandale de l'élimination sur tapis vert en Coupe du Roi pour avoir aligné un joueur suspendu.

Gary Neville, lui aussi, fait figure de choix du président: sa proximité avec le magnat singapourien Peter Lim, propriétaire de Valence, lui a permis de quitter son fauteuil de commentateur sportif de la télévision britannique pour se lancer dans le grand bain pour sa première expérience d'entraîneur principal, avec son frère cadet Phil comme adjoint.

Mais il a sans doute besoin de temps: il débuté par une défaite à domicile contre Lyon (2-0), synonyme d'élimination en Ligue des champions, et il n'a gagné ensuite aucun de ses trois premiers matches de Liga, se contentant d'un succès 2-0 contre le modeste club de Barakaldo (D3) en Coupe du Roi.

Il faut ajouter à cela des difficultés de communication avec ses joueurs, même si Neville y travaille: il dit se lever tous les matins à 6h00 pour prendre des cours d'espagnol et a offert des tablettes tactiles à tous ses joueurs pour illustrer au mieux ses principes tactiques.

Ancien entraîneur de Valence (2001-2004), double champion d'Espagne (2002, 2004) et vainqueur de la Coupe de l'UEFA (2004), Rafael Benitez rêvait sans doute d'un autre contexte pour revenir au stade Mestalla dimanche soir (19h30 GMT).

Si son Real (3e, 36 pts) trébuche à Valence, il risque de se retrouver distancé dans la course au titre derrière le duo Barcelone-Atletico. Et la presse espagnole spécule déjà sur l'éventuel remplacement du technicien espagnol par l'entraîneur de la réserve, le Français Zinédine Zidane.

Certes, Benitez a rejeté ces derniers jours l'idée d'une "balle de match", tout comme Neville a assuré que la réception du Real ne définissait pas "la saison ni le futur de Valence".

Mais leurs destins sont liés et un seul des deux techniciens risque de sortir indemne de ce choc.

jed/yk

(AFP)

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