Science – Espoir pour ceux qui perdent peu à peu la vue
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ScienceEspoir pour ceux qui perdent peu à peu la vue

Des chercheurs sont parvenus à déchiffrer en trois dimensions la structure d’une protéine de la rétine qui fonctionne mal chez les personnes souffrant de maladie héréditaire de l’œil.

La chercheuse Diane Barret a travaillé sur des yeux de vache pour parvenir à isoler la protéine. 

La chercheuse Diane Barret a travaillé sur des yeux de vache pour parvenir à isoler la protéine.

PSI

Bonne nouvelle pour le traitement des maladies héréditaires incurables de l’œil, comme la rétinite pigmentaire. En effet, des chercheurs de l’Institut Paul Scherrer (PSI) ont réussi à déchiffrer en trois dimensions la structure d’une protéine membranaire dans les cellules en bâtonnets de la rétine, celles-là mêmes qui nous permettent de voir les étoiles de nuit.

Cette protéine, dite aussi «canal ionique», permet de transmettre le signal visuel de l’œil au cerveau. Mais chez les personnes qui souffrent d’une maladie héréditaire des yeux, elle ne fonctionne souvent pas correctement, ce qui peut les conduire à la cécité. L’idée d’élucider sa structure est née il y a presque vingt ans déjà, selon un communiqué du PSI lundi. Les chercheurs ont utilisé la technique de la cryomicroscopie électronique pour établir sa structure en trois dimensions.

Sur des yeux de vaches

C’est la doctorante Diane Barret qui est parvenue à isoler la protéine provenant d’yeux de vaches prélevés dans des abattoirs, ceci après des travaux «laborieux et fastidieux», selon ses dires. «Cela a été une tâche très exigeante, car la protéine est très sensible et se décompose rapidement. Elle est aussi présente en très faible quantité dans les échantillons de base», explique-t-elle. Il a fallu deux ans pour en réunir suffisamment et pouvoir procéder aux analyses, selon le PSI. Les chercheurs ont ensuite utilisé la technique de la cryomicroscopie électronique pour établir sa structure en trois dimensions.

Connaître précisément la structure de cette protéine est notamment important pour développer des traitements contre des maladies héréditaires incurables, selon le PSI. «Si l’on trouve des molécules qui agissent sur cette protéine, on pourrait empêcher que les cellules ne dépérissent et donc que les gens deviennent aveugles», selon Jacopo Marino, biologiste au Laboratoire de recherche biomoléculaire du PSI. «Maintenant que l’on connaît la structure exacte de la protéine, il est possible de chercher de manière ciblée de telles molécules», selon lui.

Cette découverte, publiée dans le journal scientifique Nature Structural & Molecular Biology, va contribuer à ouvrir la voie à un futur traitement, affirme le PSI.

(cht/comm)

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