Tennis: «Est-ce que j'aurais pu les sortir des courts?»

Publié

Tennis«Est-ce que j'aurais pu les sortir des courts?»

Mitraillé de questions sur la qualité de l'air, Roger Federer a expliqué son action de mardi. «J'étais dans le bureau du directeur.»

par
Sport-Center
Roger Federer: «Qu'est-ce que j'aurais pu faire de plus?»

Roger Federer: «Qu'est-ce que j'aurais pu faire de plus?»

AFP

Après une première salve de questions en anglais, Roger Federer a jugé bon de rappeler l'assistance à ce qui lui semblait essentiel. «Pour ceux que cela intéresse, je joue contre Steve Johnson au premier tour.»

Lundi, tout le monde s'intéressera à l'entrée en lice du «Maître», vainqueur de deux des trois dernières éditions à Melbourne Park. Mais en ce samedi de marathon médiatique, il n'était question que de dérèglement climatique et de cette fumée qui pourrait revenir perturber le tournoi.

Roger Federer, à quel point êtes-vous inquiet de la qualité de l'air à Melbourne? Et pensez-vous que le tournoi devrait songer à déménager dans le futur?

Je ne suis pas inquiet, surtout après ce qu'il nous a été expliqué hier lors de la réunion des joueurs. Les Jeux olympiques et d'autres compétitions reconnaissent une limite de qualité de l'air maximale de 300 (moyenne de cinq composants), nous l'avons fixée à 200. À partir de là, je pense que nous prenons toutes les précautions nécessaires. En plus, nous ne sommes pas là à jouer pendant six mois sous de telles données; ce qui pourrait poser des problèmes. Et puis, nous pouvons choisir de rester à l'intérieur et sortir uniquement pour jouer. Donc non, je ne suis pas trop inquiet. Mais je le suis pour ceux qui luttent avec le feu ou vivent près des foyers.

Il a quand même fallu attendre une journée chaotique, mardi, pour que le tournoi s'impose un règlement…

Je reconnais que ces informations sont sans doute arrivées trop tard. Il a fallu attendre la fin de l'ATP Cup, presque la fin des qualifications… La communication est essentielle. Or, quand vous entendez que le gouvernement local demande de rester chez soi, de fermer les fenêtres, et que vous entendez que des matches sont lancés, vous vous dites que quelque chose cloche. Surtout avec la fumée qui enveloppait la ville mardi. Mais heureusement, les choses ont avancé dans le bon sens et je crois que tout va bien se passer durant la quinzaine.

Les participants aux qualifications ont souffert mardi et mercredi. Certains d'entre eux se sont sentis trop peu défendus par les meilleurs. Que leur répondez-vous?

Que j'étais dans le bureau du directeur du tournoi mardi et mercredi pour demander des explications. Je m'entraînais sous le toit des courts principaux, donc je n'avais pas une perception idéale des conditions. Mais, comme je vous l'ai dit, quelque chose ne jouait pas. Je suis allé demander si c'était dangereux ou si cela avait juste l'air dangereux. J'ai dit à la direction: il faut en faire plus parce que nous sommes dans le flou. Qu'est-ce que j'aurais pu faire de plus? Est-ce que je peux aller sur le court et arrêter les matches? Je peux essayer, mais je ne suis pas certain d'y parvenir. Certains médias étaient contents de frapper fort sur un sujet nouveau. Peut-être que l'on a bougé un peu tard, mais je ne crois pas que j'aurais pu en faire plus. Je suis un membre du Conseil des joueurs, je suis sur le circuit depuis deux décennies et je me soucie de tout le monde. Je comprends qu'il puisse y avoir des frustrations, parce que notre organisation n'est pas toujours parfaite. Mais il y aura aussi toujours quelqu'un pour se plaindre.

Plus généralement, qu'est-ce que les joueurs de tennis peuvent faire pour lutter contre le réchauffement climatique?

Oula, je ne sais pas! Que pouvons-nous faire? Honnêtement, pas grand-chose. Attirer l'attention et récolter de l'argent d'un côté. Promouvoir la préservation de la planète de l'autre. Le problème, c'est que chaque pays lutte avec ses propres problèmes; ce qui veut dire que son champ d'action est différent de celui du voisin. Avec ma fondation, j'ai choisi de concentrer nos efforts sur un autre thème: l'éducation. Mais à travers l'éducation, nous touchons à l'environnement et il est tout à fait envisageable d'intensifier cet aspect dans l'avenir.

Un mot quand même sur votre adversaire du premier tour: Steve Johnson?

Non je n'ai plus envie maintenant... (sourire) D'abord, je suis ravi de retrouver Melbourne Park. Mais je dois avouer que je me retrouve aussi dans une situation délicate. Steve a en effet empilé beaucoup de matches (il vient de remporter le Challenger de Bendigo), et moi, j'arrive sans repère. Après, je me suis bien entraîné et j'espère que cela sera suffisant. Mais je suis un peu dans l'inconnu et je n'attends pas grand-chose de moi-même. Je ne me place pas parmi les favoris du tournoi. Si j'enchaîne quelques victoires, on en reparlera. Mais pour l'instant, je vais me concentrer sur ce premier match.

Propos recueillis par Mathieu Aeschmann, Melbourne

À 200 on arrête tout!

La direction de l'Open d'Australie a dévoilé samedi un système mesurant la pollution de l'air qui entraînera la suspension des matches si un certain degré est atteint, alors que Melbourne est touché par les feux qui ravagent le sud-est du pays.

Le jeu sera suspendu si le taux de particules fines solides et liquides en suspension dans l'air (PM2.5) atteint les 200, c'est-à-dire le cinquième degré de cette échelle mesurant la qualité de l'air.

Le quatrième degré, entre 97 et 200, amènera un débat entre le service médical et les organisateurs pour savoir s'il faut continuer à jouer. L'arbitre pourra interrompre un match s'il l'estime opportun.

Ces règles s'appliqueront à tous les matches en extérieur et dans les stades à toits rétractables, où un match, s'il est suspendu, ne pourra reprendre qu'après la fermeture du toit.

Un match ne pourra être interrompu avant qu'un nombre de jeux pair ait été disputés, ou à la fin d'un tie-break s'il y a lieu. / AFP

Ton opinion