Météo: Est-on condamné aux débuts d'été pourris?
Publié

MétéoEst-on condamné aux débuts d'été pourris?

Alors qu’on vient de vivre le mois de juin le plus chaud sur la planète, il a été particulièrement mouillé en Suisse. Explications.

par
Pascale Bieri
Lavaux à mi-juin, la grisaille est de mise.

Lavaux à mi-juin, la grisaille est de mise.

Yvain Genevay

Jamais on n’avait connu un tel mois de juin sur Terre. Avec de si fortes chaleurs. Un record depuis que les relevés de températures, qui datent de 1880, existent. Mais c’est aussi un des mois de juin les plus pourris qu’on ait connus en Suisse, avec de l’eau en cascade, des cultures noyées et des parapluies omniprésents. Bref, alors qu’on sait que les degrés ne vont pas arrêter de grimper, avec le réchauffement climatique, ce genre de scénario en notre défaveur est-il appelé à se renouveler?

«Il y a eu un excédent de pluie, en toutes régions de Suisse centrale et orientale, durant le mois de juin, confirme Vincent Devantay de MeteoNews. A Genève, par exemple, on a enregistré 20% d’eau en plus par rapport à la moyenne, et 30% de plus à La Chaux-de-Fonds. Mais, il est difficile d’établir des liens de cause à effet. Selon certains climatologues, le réchauffement climatique pourrait entraîner un durcissement des phénomènes météorologiques, tels que des chutes de pluie plus intenses. Mais ce ne sont que des prédictions…»

Une période décevante

Du coup, ce mois de juin désastreux restera-t-il exceptionnel? Rien de moins sûr, non plus. Car, si on a tous, dans l’esprit, des fins de printemps où l’on peut profiter de terrasses et de barbecues, elles n’ont, en réalité, jamais été si habituelles. «C’est souvent une période assez décevante, assure Dean Gil, de MétéoSuisse. On associe juin aux petites fleurs et au soleil, alors qu’en réalité le temps est souvent assez maussade. Notre situation géographique, à mi-chemin entre le pôle Nord et l’équateur, fait qu’on a un climat qui alterne entre chaud et froid en fonction des courants. D’ailleurs, certaines années, on a même vu de la neige en plaine à cette période…»

Pas de norme

La loi des séries n’est pas plus vraie. «La météo n’a pas de mémoire, assure encore Dean Gil. Ce n’est pas parce qu’un mois a été mauvais qu’il en sera de même l’année suivante.» Malheureusement, dans le cas précis, l’inverse ne tient pas non plus. Reste qu’une chose est indéniable: on va vers un réchauffement global des températures. Ce qui n’empêche pas, là non plus, qu’il y ait des exceptions. «Il est très rare qu’un mois soit dans la norme, souligne Vincent Devantay. Il y aura toujours des mois plus froids que d’habitude, ou plus pluvieux que d’habitude.»

En attendant de savoir ce que 2017 nous réservera, le monde vient d’enregistrer son 40e mois consécutif avec des températures au-dessus de la moyenne du XXe siècle

Votre opinion