Football: Et ailleurs, ça reprend quand et comment?
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FootballEt ailleurs, ça reprend quand et comment?

La Swiss Football League espère reprendre les entraînements sous peu et le championnat à la fin du mois de mai. Et chez nos voisins?

par
Sport-Center
Les Allemands sont prêts à virtuellement encourager les leurs.

Les Allemands sont prêts à virtuellement encourager les leurs.

Keystone

L’«Option 1» de la SFL espère une reprise des entraînements, en petits groupes sans contact physique pendant sept jours, dès le 27 avril. Le retour des entraînements avec contact serait pour le 4 mai et durerait seize jours. Ensuite, la compétition s’ébrouerait dans le meilleur des cas le 20 mai. Ça, c’est en théorie, mais ça permet de se projeter. Ailleurs sur le Vieux-Continent, les perspectives sont aussi différentes qu’il existe de championnats.

En Espagne, tout repose sur les futures préconisations du Ministère de la santé et non celui des Sports. Les clubs, eux, songent à reprendre les pratiques le 4 mai prochain. Mercredi, le confinement y a été prolongé jusqu’au 9 mai, ce qui forcément complique les choses pour les footballeurs de la Liga. Aucune date de retour à la compétition n’est avancée jusqu'ici.

Trois matches par jour à Wembley

La Premier League espère elle aussi pouvoir jouer ses neuf dernières journées. Le confinement est en place au moins jusqu’au 7 mai et aucun match ne devrait se jouer avant le 8 juin. Les Anglais ont étudié de nombreux scénarios pour se «débarrasser» des matches restants en l’espace de cinq semaines et enfin sacrer Liverpool, quitte à jouer trois matches par jour à Wembley et dans un autre stade plus au Nord, tout en retranchant les équipes dans des hôtels sécurisés.

C’est l’Allemagne qui semble être la plus proche d’un retour au jeu, au sein des ligues du «big five» continental. Les équipes s’entraînent, avec la distance sanitaire indispensable, depuis quelques jours déjà. On y espère un retour de la Bundesliga à huis clos dès le 9 mai, si les autorités publiques le permettent. Les Allemands souhaiteraient tester les joueurs tous les trois jours contre le Covid-19 et ont besoin de 20'000 tests pour ce faire.

Autre pays voisin de la Suisse, l’Autriche a remis ses joueurs à l’entraînement lundi passé. Les joueurs du LASK, par exemple, sont testés tous les jours, ce qui représente un coût de plus de 5000 francs quotidiens pour le club. La Ligue locale décidera ces prochaines heures si elle fixe un calendrier de reprise de la compétition. Les plus pressés parlent de premiers matches à huis clos fixés au vendredi 15 mai.

Les Latins dans le flou

Ça semble bien plus compliqué en France et en Italie, deux des contrées les plus touchées par le virus. Des dirigeants transalpins espéraient reprendre le chemin de l’entraînement au début du mois prochain. Des espoirs douchés par le ministre des Sports italiens, Vincenzo Spadafora: «Aujourd’hui, il n’y a aucune assurance pour que le championnat ou l’entraînement des clubs de Serie A ne reprennent le 4 mai. Il faudra pour cela que les conditions sanitaires pour le pays existent.» Plusieurs dirigeants de clubs (Urbano Cairo de Brescia et Massimo Cellino du Torino, notamment) sont opposés à un retour sur les terrains.

C’est le flou également en France, où les divisions inférieures ont tiré un trait sur l’exercice 2019/2020 et où les dirigeants des clubs professionnels s’écharpent allègrement dans les médias. Le début du déconfinement y est prévu pour le 11 mai et les clubs – comme Bordeaux par exemple – commencent à regarder comment faire revenir les joueurs partis à l’étranger. Les Girondins espèrent reprendre l’entraînement le 15, mais la formule reste à définir. Les équipes ont toutefois été un peu douchées par les propos tenus mercredi par Roxana Maracineanu, la ministre des Sports: «Ce qui est certain, c’est que le sport ne sera pas prioritaire dans notre société»…

Stop ou encore?

La Belgique et les Pays-Bas sont les deux pays qui détonnent et tentent de tirer un trait définitif sur leur exercice 2019-2020, au grand dam de l’UEFA. Les Belges doivent prendre lundi prochain une décision, eux qui pourraient annoncer une nouvelle fois l’arrêt de leurs compétitions professionnelles, après avoir été mis sous pression par l’instance européenne il y a quelques semaines. Les Néerlandais, eux, «ont l’intention de ne pas continuer à jouer la compétition 2019-2020. La KNVB consultera l’UEFA, après quoi une décision sera prise.»

Finalement, la seule certitude pour tous, c’est que l’ensemble des rencontres, si elles se jouent, se dérouleront devant des travées désertes. Selon plusieurs spécialistes, il faudra même attendre 2021, voire 2022 pour les plus pessimistes, avant que les spectateurs puissent revenir en masse dans les stades. C’est moins un problème pour les divisions qui croulent sous les millions des droits TV que pour des championnats plus modestes, où les recettes au guichet sont nécessaires pour boucler le budget.

Robin Carrel

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