04.07.2019 à 22:19

CyclismeEt sans le grand favori, il se passe quoi?

Privé de Chris Froome, le Tour de France 2019 est ouvert comme rarement. L’histoire de l’épreuve connait deux précédents presque similaires.

par
Robin Carrel, sur la route du Tour
Le regretté Laurent Fignon n'avait que 22 ans.

Le regretté Laurent Fignon n'avait que 22 ans.

Keystone

Le 12 juin dernier, le Britannique chutait durement sur le Critérium du Dauphiné et amputait la Grande Boucle 2019 de son favori No 1. Le «Kényan blanc» n’était certes pas le tenant du titre, mais s’était préparé pour remonter sur son trône et comptait bien reprendre le leadership au sein de sa formation Ineos, après avoir cédé sa couronne jaune à son coéquipier Geraint Thomas. Le but? Rejoindre Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain dans l’histoire, avec cinq titres au compteur.

Deux fois dans l’histoire du vélo, le favori No 1 à la victoire sur les Champs-Elysées avait dû «mettre la flèche» avant même le grand départ. En 1976, puis sept ans plus tard, Eddy Merckx et Bernard Hinault s’étaient blessés respectivement sur le Giro et la Vuelta – à l’époque, le Tour d’Espagne était couru avant le Tour de France – et avaient laissé la porte ouverte à leurs concurrents. Le «Cannibale» avait terminé la boucle italienne avec un furoncle mal placé et son équipe s’était tout simplement retirée du Tour. Le «Blaireau», lui, avait bouclé l’épreuve espagnole avec une douleur au tendon d’un genou et n’avait pas pu tenir son rang en France.

Les chats boulimiques de victoires n’étant pas là, les autres souris du peloton en ont profité pour danser. En 1976, c’est Lucien Van Impe qui s’est imposé pour la seule fois de sa carrière. Le Belge avait bien contenu ses rivaux dans les Pyrénées, avant de boucler l’affaire dans les Alpes. Il était parti seul dans le Pla d'Adet et avait gagné avec 3 minutes d'avance sur Joop Zoetemelk et 3 minutes 45 sur Walter Riccomi. A noter qu’à l’époque déjà, la Grande Boucle avait passé plusieurs jours en Belgique. Au général, Van Impe avait «mis» plus de 4 minutes à Zoetemelk et 12’08 à Raymond Poulidor, qui ne finissait donc pas toujours deuxième.

En 1983, c’est Laurent Fignon qui a surpris tout le monde, gagnant le Tour pour sa première participation, alors qu’il n’avait pas encore fêté ses 23 ans. Son compatriote Pascal Simon était longtemps resté aux commandes du général, mais avait chuté et s’était fracturé l'omoplate lors de la 11e étape. Il avait tout de même conservé le maillot pendant une semaine, avant de renoncer, lors de la 17e étape, qui avait vu Fignon se parer de jaune et faire rêver tout un pays.

De là à dire qu'un Français pourrait s'imposer dans trois semaines à Paris, il y a un canyon que nous ne franchirons pas. Car avec Bernal et Thomas, Ineos tient toujours les deux grands favoris. Autour d'eux, les Fuglsang, A .Yates, Porte, Quintana, Kruijswijk, Uran, Landa et Nibali semblent plus à même de l'emporter que Bardet ou Pinot et ce serait déjà là une immense sensation.

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