Conseil des Etats - Et si l’école de recrues permettait d’apprendre une 2e langue?
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Conseil des ÉtatsEt si l’école de recrues permettait d’apprendre une 2e langue?

Un sénateur demande au Conseil fédéral que l’armée propose des échanges linguistiques et des cours de langues aux jeunes soldats en formation. Certificat à la clé.

par
Christine Talos
Faire son école de recrues permettait de réels échanges entre les régions, cultures et classes sociales, estime le Jurassien Charles Juillard.

Faire son école de recrues permettait de réels échanges entre les régions, cultures et classes sociales, estime le Jurassien Charles Juillard.

Tamedia

L’apprentissage des langues est vivement encouragé en Suisse. Mais malgré les efforts des cantons pour développer des programmes d’enseignement des langues ou la promotion des échanges linguistiques, on parle toujours moins une 2e langue nationale. Devant ce constat, le sénateur Charles Juillard (Centre/JU) propose que l’armée aide les jeunes citoyens à développer leur bilinguisme. Il propose notamment que les recrues mettent à profit leur temps sous les drapeaux pour apprendre à parler allemand, français ou italien. En immersion.

«Par le passé, on a souvent considéré l’armée comme le principal lien social entre les diverses régions, les différentes cultures et classes sociales de notre pays, relève-t-il dans une interpellation qu’il vient de déposer à Berne. Faire son école de recrues permettait de réels échanges entre les régions, cultures et classes sociales. C’était l’occasion d’apprendre à se connaître d’un bout à l’autre de la Suisse. Presque chaque soldat avait l’occasion de fraterniser avec un citoyen suisse d’une des autres langues nationales».

Mais le Jurassien s’inquiète: «Au gré des diverses consultations populaires, il apparaît de plus en plus souvent que le sentiment de division s’accroît, également entre la ville et la campagne. Force est de constater que cette «mixité sociale» fait malheureusement défaut», regrette-t-il.

Mélange des soldats et certificat à la clé?

Du coup, Charles Juillard estime que l’armée pourrait apporter sa contribution pour favoriser des échanges si importants pour la cohésion du pays. «Elle reste une organisation de milice qui regroupe des Suisses de tous horizons géographiques, culturels et sociaux. Or, aujourd’hui, l’organisation des troupes, y compris des écoles de recrues, est généralement calquée sur la provenance linguistique des soldats», constate-t-il.

Le Jurassien a donc décidé de demander au Conseil fédéral si l’armée ne pouvait pas mélanger les soldats en fonction de leur provenance géographique. Il souhaite aussi que les jeunes recrues soient davantage incitées à se lancer dans des échanges linguistiques grâce à des cours de langues à suivre durant les premières semaines de l’école de recrues. «Ces efforts pourraient ensuite être reconnus via un certificat», conclut-il.

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