Pandémie – Et si les cas d’Omicron étaient sous-estimés?
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PandémieEt si les cas d’Omicron étaient sous-estimés?

Au Danemark, les cas du nouveau variant ont soudain pris l’ascenseur, faisant ainsi craindre qu’Omicron ait été sous-évalué dans l’ensemble de l’Europe.

Il est hautement improbable que le Danemark à lui seul concentre autant de cas que le reste de l’Europe.

Il est hautement improbable que le Danemark à lui seul concentre autant de cas que le reste de l’Europe.

Reuters

Le Danemark, un des pays les plus en pointe en Europe pour détecter les variants, a annoncé dimanche un bond «préoccupant» à 183 cas confirmés du nouveau variant Omicron, suggérant que les cas ailleurs en Europe pourraient être très sous évalués.

Au dernier pointage vendredi, le Danemark n’avait que 18 cas confirmés et 42 cas suspects du nouveau variant du virus responsable du Covid-19, selon les données de l’institut public SSI, ce qui signifie que le nombre de cas a au moins triplé en 48 heures. Avant cette annonce, le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) totalisait 182 cas dans toute l’Union européenne, plus la Norvège et l’Islande.

«Nous observons une hausse préoccupante du nombre de cas d’infections par l’Omicron au Danemark», a souligné le directeur du SSI, Henrik Ullum, dans un communiqué. «Il y a désormais des chaînes de contagion où le variant est détecté chez des gens qui ne sont pas partis en voyage ou été en contact avec des voyageurs», souligne-t-il.

Un des plus équipés en séquençage

Le pays nordique de 5,8 millions d’habitants est un des plus équipés en Europe en matière de séquençage, lui permettant de détecter davantage de cas et plus rapidement, sans que cela signifie que la contagion y soit plus forte qu’ailleurs.

Même si au moins deux foyers significatifs ont été recensés au Danemark, il est en effet hautement improbable que le petit royaume à lui seul concentre autant de cas que le reste de l’Europe, une semaine seulement après la détection d’un premier cas.

Le SSI travaille «intensément» pour accélérer encore les résultats rapides de tests de laboratoire, afin que les institutions sanitaires puissent tracer les chaînes de contamination «le plus vite possible», a souligné Henrik Ullum.

Vacciner davantage

«Le temps que nous gagnons, nous devons l’utiliser pour vacciner le plus grand nombre de gens possible. Une immunité importante donne plus de solidité à notre société, si la contamination à l’Omicron se poursuit», plaide-t-il.

Sur les 183 cas confirmés, 32 l’ont été par la méthode la plus perfectionnée dite «WGS», tandis que 151 l’ont été par PCR repérant les variants. Selon SSI, cette dernière méthode «est si sûre dans sa détection qu’un cas utilisant cette méthode est désormais considéré comme confirmé».

Les cas s’envolent

Un nombre toujours grandissant de pays signalent ces derniers jours des cas du variant du coronavirus Omicron. Celui-ci suscite l’inquiétude du fait de ses nombreuses mutations problématiques, même si l’OMS dit n’avoir à cette heure pas connaissance de cas mortels. «Cela ne fait qu’environ une semaine qu’un cas a été détecté pour la première fois au Danemark, depuis ça a été vite», a déclaré Birgitte Drewes, une autre responsable sanitaire danoise, citée par l’agence Ritzau.

Selon elle, 38 cas confirmés proviennent d’un repas d’entreprise organisé en vue de Noël dans l’ouest du pays, qui rassemblait 150 personnes. Un autre foyer avait déjà été signalé pour un événement similaire à Viborg, également au Jutland (ouest).

Selon l’ECDC, 17 pays de l’UE (plus Norvège et Islande) ont détecté au moins un cas d’Omicron sur leur sol. Le Portugal (34), la Norvège (19), les Pays-Bas (18) et l’Allemagne (15) sont les pays en ayant détecté le plus.

Des signes «un peu encourageants»

Les premiers «signaux» venus d’Afrique du Sud concernant la gravité des cas liés au variant Omicron sont «un peu encourageants», a déclaré dimanche le Dr Anthony Fauci, conseiller de la Maison-Blanche sur la crise sanitaire, tout en avertissant qu’il ne s’agissait que de données préliminaires.

«Clairement, en Afrique du Sud, Omicron se transmet davantage», a-t-il dit lors d’une interview sur CNN, en se référant à la courbe «verticale» du nombre de nouveaux cas dans ce pays. «Mais jusqu’ici, même s’il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives, on ne dirait pas qu’il présente un haut degré de gravité», a-t-il déclaré. «Jusqu’ici, les signaux concernant la gravité sont un peu encourageants», a-t-il répété.

(AFP)

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