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SuisseEt si les élèves faisaient leurs devoirs à l'école?

L'association des enseignants de Suisse souhaite la mise sur pied de structures pour permettre aux enfants de faire leur devoirs hors du cadre familial. But: décharger les parents.

par
Christine Talos

Ah les devoirs à la maison! Aucun élève n'aime passer des heures à les préparer après une journée d'école ou le week-end et les vacances. Au point que certains pédiatres et psychologues estiment que l'on pourrait carrément s'en passer. Aujourd'hui, l'association des enseignants de Suisse vient de publier une prise de position qui remet en cause les devoirs à la maison. Si elle se refuse à les supprimer, elle souhaite encourager la mise en place de structures de devoirs surveillés à l'école, écrit la Neue Zürcher Zeitung mardi.

En effet, elle estime que les devoirs à la maison augmentent les inégalités entre les élèves dont les parents travaillent ou ne parlent pas ou mal la langue pratiquée à l'école. En outre, souvent, les devoirs sont source de querelles, de conflits entre parents et enfants, voire entre parents et enseignants.

Du coup, les enseignants demandent aux communes et aux écoles d'offrir plusieurs fois par semaine la possibilité pour les enfants de faire gratuitement leurs devoirs à l'école, encadré par du personnel pédagogique compétent, écrit la NZZ. L'élève serait libre de pratiquer ses loisirs ensuite à la maison. Concrètement, la décision de faire appel à ce service appartiendrait aux parents. Un enseignant pourrait aussi suggérer cette méthode s'il constate que l'enfant a des difficultés scolaires.

Le président des enseignants de Suisse, Beat W. Zempf souligne qu'il s'agit de corriger une situation discriminatoire. «Il y a souvent des parents qui ne peuvent pas fournir de soutien scolaire à leurs enfants pour diverses raisons. C'est dans ce cas aux écoles de prendre le relais», explique-t-il. L'homme se dit confiant que ces offres prévaudront rapidement, d'autant que des exemples existent déjà. Les coûts engendrés par cette nouvelle méthode seraient supportables selon lui, car ils seraient bien moins chers que pour des leçons classiques.

Selon Beat W. Zempf, la Suisse est en retard dans ce domaine par rapport aux autres pays européens, à cause notamment de la rhétorique de «l'enfant étatisé» développée par l'UDC et qui prédomine encore dans l'opinion publique.

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