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Ski alpinEt un jour il me dit comme ça…

Je me souviendrai toujours d’une discussion avec mon père, dans une télécabine à Zweisimmen.

par
Fanny Smith
Sébastien Anex

Je n’avais alors pas encore 15 ans et le skicross venait d’être inscrit officiellement au programme des Jeux olympiques. Et là mon père me dit: «Ça te dirait d’aller aux JO?» J’ai adoré l’idée, même si je l’ai trouvée un peu folle. Mon père est comme cela. Il a souvent des idées visionnaires. À l’époque, je n’en étais qu’à mes débuts dans la discipline. Je n’avais disputé que quelques courses mais le virus m’avait déjà attrapée. Cette discussion avec mon père a été un véritable tournant pour moi, et c’est à ce moment-là que les JO sont véritablement entrés dans ma vie.

Et voilà qu’à 25 ans, soit dix ans après, je m’apprête déjà à disputer mes troisièmes Jeux! Jusque-là, j’ai vécu deux éditions très différentes. La première, à Vancouver, c’était un peu l’effet de surprise. Je n’avais que 17 ans et je venais d’obtenir mon premier podium en Coupe du monde. J’ai bien sûr été impressionnée par l’ampleur de l’événement mais j’avais encore l’insouciance de l’âge. J’ai terminé septième, ce qui était un bon début en soi, mais dans ma tête, j’étais quand même déçue de ne pas avoir fait mieux. Ensuite, à Sotchi, j’étais très bien préparée, tant mentalement que physiquement, et j’avais pour objectif la médaille d’or. J’étais dans ma bulle, en confiance, mais j’ai voulu trop en faire et cela m’a coûté très cher au final.

Maintenant, c’est au tour de PyeongChang, où je suis arrivée il y a quelques jours. Je vais bien sûr essayer de me servir du passé. Les Jeux, c’est vraiment une ambiance à part. Il y a une énergie folle. L’expérience est unique, tant sportivement qu’humainement.

Gratter un poil de chance

Et puis, c’est formidable de savoir que l’élite mondiale, ce qui se fait de mieux dans d’autres sports, est réunie. C’est même tentant d’aller voir d’autres compétitions, de s’inspirer des performances des autres, bref, de puiser dans cette énergie. Mais en même temps, il ne faut pas trop se disperser et rester concentrée sur ses épreuves. Il faut donc trouver le bon équilibre. L’expérience m’a montré que c’est une course d’un jour et que tout peut se passer. Je sais ce qui me reste à faire. Sur le résultat, je n’ai pas le contrôle, alors je vais me focaliser sur ma préparation et tout mettre en œuvre pour être prête le jour J.

Comme le skicross des dames a lieu tout à la fin des Jeux, pour sortir un peu de cette intensité, nous allons partir aujourd’hui avec l’équipe vers le Japon. Le but: nous préparer durant cinq jours. À mon retour en Corée, j’aurai une première fois l’occasion d’aller m’entraîner sur la piste des Jeux. La compétition aura lieu le 23 février, notez la date;-)

C’est la seule fois en quatre ans que l’on est séparés, filles et garçons, et que l’on dispute toute la compétition sur une seule journée. Un jour où il n’y a plus le choix: tu dois être bien physiquement, mentalement et gratter un poil de chance. Comptez sur moi pour tout donner!

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