Motocyclisme: Et voici le «Ducatidesmosedicirex»...

Publié

MotocyclismeEt voici le «Ducatidesmosedicirex»...

On ne sait pas encore si la dernière naissance survenue au Borgo Panigale Park, dans la maternité du professeur Gigi Dall’Igna, est un prédateur qui va dévorer tous ses contemporains. Une chose est certaine: il n’y a pas mieux pour faire parler de soi.

par
Jean-Claude Schertenleib

Quatre ailettes, comme quatre dents, sur le dosseret arrière. Des ailettes ainsi placées qu’elles pourraient avoir un effet sur le flux d’air derrière le pilote, mais qui pourraient aussi donner un appui supplémentaire, notamment sur l’angle: les observateurs s’interrogent, Gigi Dall’Igna, l’ingénieur en chef de Ducati, sourit. L’homme qui a révolutionné le MotoGP moderne en imaginant toujours plus, au fil des ans, des éléments aérodynamiques de toutes sortes, vient encore de frapper un immense coup. Et c’est tellement gros que, dans le paddock de Silverstone, on s’est d’abord demandé s’il ne s’agissait tout simplement pas d’une blague!

Les deux pilotes à avoir essayé le nouvel arrière, vendredi, ont été Enea Bastianini et Jorge Martin: «Il était prévu que je teste cette nouveauté ce matin, mais après ma chute dans FP1, notre programme de travail a dû être modifié», expliquait au terme de cette première journée d’essais Francesco Bagnaia, le numéro 1 de l’usine. «Je suis impatient d’essayer à mon tour, reprend «Pecco». Enea (Bastianini) semblait être en difficultés dans la matinée avec sa machine habituelle, et ce fut nettement meilleur pour lui l’après-midi avec les ailettes. Peut-être que cela donne bel et bien un avantage.»

Un problème: l’accès!

Le moment de l’émotion passé, Enea Bastianini a été le premier à prendre la piste avec le nouvel élément: «C’est beaucoup plus difficile de grimper sur la moto», rigole le triple vainqueur de la première moitié de saison. Et, plus sérieux: «Il est bien sûr trop tôt pour donner un jugement définitif, mais j’ai l’impression d’avoir plus de stabilité au freinage.»  

Mercato: pourquoi attendre?

Une seule officialisation pendant l’été (Rins chez LCR-Honda), deux transferts actés avant la pause (Miller chez KTM, Alex Márquez chez Ducati-Gresini) pourquoi attend-on désormais pour officialiser ce qui semble acquis, comme les passages de Joan Mir chez Repsol-Honda et celui de Miguel Oliveira dans le team RNF-Aprilia?

Chez KTM – Binder et Miller à l’usine –, il est fort probable que l’on profitera du GP maison, le week-end du 21 août en Autriche, pour donner les noms (Pol Espargaró et ?) des pilotes qui travailleront dans la structure d’Hervé Poncharal.

Pol Espargaró devrait rejoindre KTM, dans la structure d’Hervé Poncharal.

Pol Espargaró devrait rejoindre KTM, dans la structure d’Hervé Poncharal.

AFP

Chez Ducati, la répartition des sièges est prévue pour Misano, deux semaines plus tard. Mais quid de Honda et de ce qui sera le second team Aprilia? Si les employeurs sont en position de force – ah, la loi de l’offre et de la demande! –, il y a peut-être un autre élément qui pourrait influencer les prochaines décisions. Et il concerne Yamaha...

Un contrat, ça se négocie

On sait que Yamaha n’aura plus que deux pilotes en piste l’an prochain. Fabio Quartararo – accord prolongé pour les deux saisons à venir – et Franco Morbidelli, qui a encore une année de contrat en poche. Mais voilà: un contrat, si ça ne se déchire pas (quoique...), ça se négocie. Et le «Frankie» impressionnant d’il y a deux ans n’est plus que l’ombre de lui-même.

Franco Morbidelli n’a guère brillé vendredi à Silverstone.

Franco Morbidelli n’a guère brillé vendredi à Silverstone.

AFP

La seconde partie de cette saison a commencé, pour lui, comme s’était déroulée la première: vendredi, alors que son équipier Fabio Quartararo signait le meilleur temps, l’Italo-Brésilien devait se contenter du vingtième chrono, à 1,2 seconde de son leader. Alors qu’il y a abondance de biens chez Ducati et Aprilia, que l’isolement de Marc Márquez devrait être diminué avec les arrivées de Rins et de Mir chez Honda, que KTM alignera trois hommes d’expérience, Yamaha peut-il prendre le risque de ne baser son action que sur le seul et si brillant Quartararo? À voir... 

Ton opinion