JO de Tokyo - Etienne Dagon: «Bienvenue Jérémy dans le club des bronzés!»
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JO de TokyoEtienne Dagon: «Bienvenue Jérémy dans le club des bronzés!»

Premier nageur suisse à avoir remporté une médaille olympique en natation, le Biennois, monté sur le podium au JO de Los Angeles, n’est plus seul au monde. Depuis la Grèce, il évoque l’avènement du Genevois et l’éclosion d’une nouvelle génération plus «spontanée que la mienne».

par
Nicolas Jacquier
Jérémy Desplanches avec sa médaille vendredi.

Jérémy Desplanches avec sa médaille vendredi.

AFP

Etienne Dagon (60 ans) n’est plus le seul nageur suisse à avoir décroché une médaille olympique. Trente-sept ans après avoir offert à la Suisse le bronze lors de la finale du 200m brasse au JO de Los Angeles, le Biennois a été rejoint ce vendredi dans l’histoire de la natation helvétique par Jérémy Desplanches, lequel s’est lui aussi hissé sur la troisième marche du podium en finale du 200 m quatre nages.

«Bienvenue Jérémy dans le club des bronzés! Ca me rajeunit un peu… Même si l’on reste compétiteur dans l’âme, 37 ans après, cela suffisait. Le club était ouvert à tous ceux et celles qui voulaient y entrer mais je m’y sentais un peu seul depuis le temps…»

«Jérémy a géré sa course de manière impeccable. Sortir la course de sa vie le jour J, c’est vraiment la grande classe»

Etienne Dagon, médaillé de bronze à Los Angeles en 1984

Actuellement en vacances à Rhodes mais fort sollicité depuis quelques heures («on ressort le dinosaure du placard», s’amuse-t-il), Dagon, qui a accumulé 45 titres nationaux durant sa prolifique carrière, n’a pas suivi l’exploit du Genevois en direct. «Je ne me suis pas levé pour voir la finale en direct. Peut-être pour ne pas lui porter la poisse. J’ai regardé tout ça en différé…»

Etienne Dagon, ici en 2019, lors du tirage au sort d’une rencontre de Coupe Davis à Bienne entre la Suisse et la Russie. 

Etienne Dagon, ici en 2019, lors du tirage au sort d’une rencontre de Coupe Davis à Bienne entre la Suisse et la Russie.

Pascal Muller/freshfocus

L’actuel responsable des sports de la Ville de Bienne est néanmoins estomaqué de la course réalisée par Desplanches. «On peut être champion du monde à l’entraînement. Ce qui compte, c’est quand on se retrouve sur le plot de départ… S’il y a un grain de sable dans la tête, ça ne passera pas. Or Jérémy a géré sa course de manière impeccable. Sortir la course de sa vie le jour J, c’est vraiment la grande classe. Quelques centièmes l’ont fait entrer dans l’histoire. Il y a un nivellement par le haut qui est impressionnant. A mon époque, le podium se jouait parfois à coup de secondes. Aujourd’hui, on parle de centièmes…»

«Dès le départ, on s’est rendu compte qu’il était en train de bâtir quelque chose de solide. Le potentiel était déjà là, encore faut-il savoir l’exploiter»

Etienne Dagon, médaillé de bronze à Los Angeles en 1984

Notre interlocuteur a suivi le parcours du nouveau médaillé olympique suisse, jusqu’à son éclosion. «Dès le départ, lors des championnats romands, on sest rendu compte qu’il était en train de bâtir quelque chose de solide. Le potentiel était déjà là, encore faut-il savoir l’exploiter.»

En 1984, Etienne Dagon (à dr.) avait remporté le bronze derrière l’Australien Glenn Beringen et le Canadien Victor Davis, couronné champion olympique sur 200 m brasse. 

En 1984, Etienne Dagon (à dr.) avait remporté le bronze derrière l’Australien Glenn Beringen et le Canadien Victor Davis, couronné champion olympique sur 200 m brasse.

freshfocus

Au début des années 80, Etienne Dagon était l’un des éléments d’une formidable équipe de Suisse (avec notamment Dano Halsall et Stéphane Volery). «Quarante plus tard, on assiste à l’éclosion d’une nouvelle vague, avec une génération plus spontanée que la mienne. S’il y a un message à souligner, c’est le travail fabuleux que font les clubs pour offrir un tel encadrement. Va-t-on pour autant devenir une nation mondiale de la natation? On reste un pays de 8 millions d’habitants. Alors que la France peut s’appuyer sur un bassin de 300000 licenciés, la Suisse n’en compte que 4000.»

En Grèce, l’ancien compétiteur profite de son temps libre pour replonger dans la Grande Bleue. «Je nage un peu. Tout compte fait, je crois que je vais reprendre l’entraînement pour m’aligner à Paris dans trois ans!» (Rires)

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