E-sport aux États-Unis - «Être asiatique ici, c’est terrifiant»
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E-sport aux États-Unis«Être asiatique ici, c’est terrifiant»

Surnommé «Le téméraire» au sein de son équipe américaine de joueurs professionnels de jeux vidéo, Lee Eui-seok dénonce le racisme «inqualifiable» dont il a été victime au Texas.

Lee Eui-seok dit «Le téméraire».

Lee Eui-seok dit «Le téméraire».

Blizzard Entertainment

«Être asiatique ici, c’est terrifiant». Surnommé le téméraire au sein de son équipe américaine de joueurs professionnels de jeux vidéo, un jeune Sud-Coréen dénonce le racisme «inqualifiable» dont il a été victime au Texas, dans un clip devenu viral sur les réseaux sociaux, suscitant une condamnation de ces abus.

Rhétorique utilisée par Trump

Une vague de violences anti-asiatiques a déferlé sur les États-Unis l’an passé, qui trouve son origine, selon des militants antiracistes, dans la rhétorique utilisée par l’ancien président Donald Trump. Ce dernier décrivait en effet le Covid-19 comme le «virus chinois».

Lee Eui-seok, joueur professionnel sous le nom de «fearless» (le téméraire, ndlr) de l’équipe de Dallas, Dallas Fuel, spécialiste du jeu «Overwatch», a raconté sur la plateforme Twitch que c’était la première fois qu’il avait vécu un tel racisme.

Vidéo Twitter traduite

«Ils nous toussent dessus»

«Les gens n’arrêtent pas d’essayer de se battre avec nous (…) Il y a même des gens qui nous toussent dessus. Ils nous toussent délibérément dessus. Ils (nous) maudissent… tout en riant», a affirmé le jeune homme de 22 ans.

«Le racisme ici n’est pas une blague», a lancé M. Lee en coréen sur Twitch. Un clip de son intervention a ensuite été diffusé avec des sous-titres en anglais sur Twitter mardi par Jade «swingchip» Kim, une joueuse sud-coréenne et manager de l’équipe basée à Miami, Florida Mayehm.

Mme Kim s’est dite également victime de racisme aux États-Unis et a indiqué au Washington Post que les propos de son compatriote avaient agi sur elle comme un détonateur. «Avec tout ce qui se passe aux États-Unis ces derniers temps, je ne pouvais pas courber l’échine une fois de plus, alors j’ai fini par traduire le clip et le poster», a-t-elle raconté.

Ce clip sous-titré avait jeudi enregistré plus de 326’000 vues. M. Lee a affirmé que les actes de racisme dont il a souffert étaient «innommables», «terrifiants» et «graves».

«Haine injustifiée»

L’équipe de M. Lee appartient à l’entreprise collective d’e-sport et de jeux, Envy Gaming, dont le fondateur Mark Rufail a condamné la «haine injustifiée», promettant d’assurer la sécurité de ses joueurs. «Nous avons été informés d’une situation où nos joueurs… ont été confrontés à de nombreuses personnes qui leur ont fait des remarques vraiment racistes et ont menacé nos joueurs», a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Twitter.

Selon M. Rufail, il y a au total huit joueurs et trois entraîneurs sud-coréens dans l’équipe de Dallas Fuel. Dallas Fuel et l’équipe de Mme Kim, Florida Mayehm, sont toutes deux dans la ligue d’e-sport Overwatch, qui appartient au géant mondial du jeu vidéo Activision Blizzard.

«Nous condamnons avec force le racisme», a déclaré aux médias américains l’éditeur de jeux vidéo célèbres tels que «Call of Duty» et «Candy Crush». «Nous sommes aux côtés de la communauté asiatique, de nos employés et de nos joueurs et nous travaillons dans toute notre organisation, y compris dans le domaine des sports électroniques, à combattre la haine et l’ignorance», a-t-il ajouté.

M. Lee a expliqué que pour éviter d’être harcelé, il sortait vêtu du maillot de son équipe. «Si je porte mon maillot, je pense qu’ils savent que nous faisons partie d’une équipe, et ils ne nous dérangent pas autant», a-t-il dit.

(AFPE)

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