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Conso sexuéeEtre une femme coûte 1400 dollars de plus par an

En France et aux Etats-Unis, les femmes paient plus cher que les hommes pour des produits équivalents.

par
lematin.ch

Un rasoir à deux lames rose est-il plus efficace qu'un rasoir à deux lames bleu? Un déo «féminin» se montre-t-il plus désodorisant que son pendant à senteurs dites masculines? Un laxatif a-t-il plus d'effet quand il est en carton rosé qu'en carton vert? Evidemment, non. Pourtant, les premiers sont vendus plus cher, note Géraldine Franck, une militante féministe de Georgette Sand– un collectif Internet français qui recense depuis quelques temps les différences de prix entre des produits équivalents mais genrés.

Comme le souligne le collectif Tout à l'Ego, faire payer davantage les femmes a d'ailleurs récemment fait débat aux Etats-Unis et selon le magazine économique «Forbes», ce supplément, baptisé «woman tax» (impôt sur la femme), coûte annuellement 1400 dollars aux femmes. Et «Forbes» de préciser qu'à New York, par exemple, le nettoyage à sec d'une chemise de femme coûte 4$ de plus car «la machine n'a pas été étudiée pour les vêtements plus petits». Un argument qui vaut son pesant de cacahuètes... surtout quand on sait qu'en moyenne 3 femmes sur 4 gagnent moins que leur conjoint.

Quoi qu'il en soit, les Françaises ont décidé de ne pas se laisser tondre au prix fort: Georgette Sand a ainsi alerté la secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, Pascale Boistard. Celle-ci, parfaitement réceptive, a posté sur Tweeter la photo d'un sachet de cinq rasoirs roses à 1,80 €, à côté d'un sachet identique de 10 rasoirs bleus à... 1,72 €. Une injustice qui a du coup été relayée dare-dare au ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. Lequel doit lancer une enquête sur ces écarts tarifaires.

Parallèlement, une pétition dirigée par Georgette Sand contre Monoprix, grand spécialiste de la vente à prix genrés, a obtenu quasi 20 000 signatures en quelques semaines.

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