Bolivie: Etudiant à l’oeil depuis 1989, un responsable syndical est poursuivi en justice
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BolivieÉtudiant à l’œil depuis 1989, un responsable syndical est poursuivi en justice

Le chef d’un syndicat d’étudiants de Bolivie est accusé d’avoir transformé sa fonction «en commerce». Il a passé 33 ans à étudier dans diverses filières, sans obtenir de diplôme, mais un bon salaire.

D’après des médias boliviens, de nombreux responsables étudiants étirent leur formation pour conserver leurs fonctions et les avantages qui en découlent.

D’après des médias boliviens, de nombreux responsables étudiants étirent leur formation pour conserver leurs fonctions et les avantages qui en découlent.

photo d’illustration AFP

Âgé de 52 ans, le président de la Confédération universitaire bolivienne (CUB), Max Mendoza, est apparu sur le devant de la scène lorsqu’un mouvement de foule pendant un rassemblement étudiant, début mai, a fait quatre morts et 70 blessés à l’Université d’État Tomas Frias, à Potosi. Cela a permis d’en savoir davantage sur le personnage, qui étudie dans un établissement public gratuit depuis… 1989.

«Max Mendoza a 52 ans, étudie depuis 33 ans à l’université, a échoué à plus de 200 matières, a obtenu zéro à plus d’une centaine de matières et reçoit un salaire de 21’860 bolivianos par mois.»

Hector Arce, député bolivien

Un tel CV a de quoi interpeller. D’où la réaction d’Hector Arce. «Nous poursuivons pénalement» Max Mendoza pour avoir fait un «commerce» de sa fonction, a annoncé le député progouvernemental. Il «a 52 ans, étudie depuis 33 ans à l’université, a échoué à plus de 200 matières, a obtenu zéro à plus d’une centaine de matières et reçoit un salaire de 21’860 bolivianos (3060 francs) par mois».

En Bolivie, «être dirigeant universitaire, c’est un commerce. Pourquoi étudier et être reçu aux examens s’il y a tant de bénéfices?», fait valoir Hector Arce.

«Enrichissement illégal» et «détournement de fonds»

Max Mendoza a commencé par étudier l’administration d’entreprises puis, il y a 25 ans, il s’est réorienté vers le droit, où le cursus dure normalement cinq ans en Bolivie. S’il est su que les organisations étudiantes des universités publiques reçoivent des aides de l’État bolivien, il n’était pas de notoriété publique que leurs dirigeants perçoivent des «salaires».

D’après des médias locaux, de nombreux responsables étudiants étirent leur formation pour conserver leurs fonctions et les avantages qui en découlent. Max Mendoza, lui, est poursuivi pour «enrichissement illégal, gain lié à la fonction, comportement antiéconomique et détournement de fonds». Celui qui est président de la CUB depuis quatre ans n’a, à ce stade, pas réagi publiquement aux accusations à son encontre.

(AFP)

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