Publié

FootballEudis: «Dans notre situation, ce point vaut une victoire»

Alors qu’il était parti pour signer un joli hold-up, Servette a fini par craquer. Les Genevois n’en ont pas moins conservé leur invincibilité.

par
Nicolas Jacquier
Eudis a été l'homme du match côté genevois. Auteur d’un incroyable double sauvetage en position de gardien devant Puljic, l’attaquant a aussi trouvé le chemin des filets lucernois.

Eudis a été l'homme du match côté genevois. Auteur d’un incroyable double sauvetage en position de gardien devant Puljic, l’attaquant a aussi trouvé le chemin des filets lucernois.

Eric Lafargue

Ce n’est plus une impression heureuse, c’est une certitude prometteuse: au-delà même d’une situation comptable toujours périlleuse, qui n’a pas évolué hier, Servette n’a plus rien de l’indigente lanterne «rouge» qui se morfondait au fond de la cave, de l’équipe que la Suisse entière avait déjà condamnée à la culbute. Parce que la patte de Sébastien Fournier commence à se faire durablement sentir, que ses joueurs eux-mêmes ne sont plus les mêmes, le club genevois revit en même temps qu’il a ressuscité à l’ambition d’un sauvetage qu’il peut aujourd’hui envisager.

Une semaine après avoir fêté sa première victoire de la saison en s’offrant GC à la Praille, Servette a bien cru pouvoir récidiver dans le choc des derniers qui, s’il n’a logiquement pas atteint un quelconque sommet, a tenu le public en haleine au niveau du suspense. Il n’a manqué qu’une poignée de secondes pour que le visiteur comble la moitié du passif qu’il accusait sur Lucerne au coup d’envoi et revienne à trois points de son hôte.

Servette peut avoir des regrets

Mais le scénario, proche du hold-up idéal si l’on songe au double sauvetage d’Eudis et au poteau lucernois, était trop parfait, et la tête d’Andrist trop croisée, ne faisant que renforcer la déception des «grenat», dont les regrets étaient avivés par les circonstances de l’égalisation tombée suite à une faute inexistante sifflée contre Karanovic, alors que celui-ci s’apprêtait à aller affronter Zibung. Pire encore, Lang, héros du match contre GC, avait galvaudé deux minutes plus tôt la balle du 0-2 en échouant sur le portier.

Pour être honnête, on déposera dans la balance une tête du banni Rangelov qui frôlera le poteau de Barroca dans les arrêts de jeu. Les sifflets qui ont «salué» l’entrée en jeu du Bulgare, réintégré après avoir fait l’objet d’une suspension interne pour avoir agressé Thiesson à l’entraînement, symbolisent les lourdes tensions plombant l’atmosphère au FC Lucerne. Après avoir survécu à une première séance de crise la semaine passée, il n’est pas certain que Komornicki résiste à un nouveau tour de table…

Premier point à l’extérieur

Si Servette, très généreusement dominé par Lucerne, n’a pas pu réaliser au final le bond en avant qu’il avait entrevu pendant une petite mi-temps, ce point du courage n’en est pas moins son premier obtenu à l’extérieur, brisant une série de 7 défaites consécutives en déplacement. Il permet aussi aux Genevois, invaincus depuis 3 matches, de demeurer dans la course au maintien en envoyant un signal clair à ses concurrents les plus directs. «Même si l’on nourrit forcément des regrets, devait glisser le buteur Eudis, c’est quand même un point. Dans notre situation et sachant d’où l’on vient, cela équivaut à une victoire. Avec une telle mentalité, on va s’en sortir.»

Pour cela, il faudra toutefois que Servette, sans rien perdre de son nouvel élan en termes d’investissement des joueurs, améliore sa production balle au pied, un chantier que son entraîneur n’a pas encore ouvert. Tant les Genevois peinent à asseoir leurs mouvements, à développer la transition vers l’attaque. D’où trop de contres mal négociés ou inachevés. Jusqu’à aujourd’hui, l’urgence imposait d’autres priorités. «On ne peut pas tout faire en même temps, convenait Fournier. Il importait déjà de se montrer solides. On reparlera du jeu plus tard.»

Contre Sion par exemple.

Votre opinion