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footEuro-2016 - Italie: De Rossi franchit le mur du cent (MAGAZINE)

Par Emmanuel BARRANGUET Milan, 15 nov 2014 (AFP) - Entre coups de sang et de génie, Daniele De Rossi fête sa 100e sélection avec l'Italie contre la Croatie, dans le rôle du patron, dimanche à Milan en qualifications pour l'Euro-2016.

"DDR" a tout connu en "azzurro", du titre de champion du monde 2006 aux exclusions, sur et en-dehors du terrain. "Je repars de cent, convaincu de pouvoir gagner l'Euro", assure le Capitano Futuro de la Roma. "Nous avons les joueurs pour, et l'entraîneur ne pense qu'à l'objectif français (l'Euro-2016 se dispute en France), nous l'avons compris dès les premiers jours de travail, début septembre", assure De Rossi, âgé de 31 ans. Son caractère lui a parfois fait du tort, mais a aussi forgé son mental de soldat, parfait pour ce formidable joueur de ballon, à l'aise en défense comme au milieu du terrain. Contre la Croatie, il devrait occuper le rôle de meneur devant la défense, Andrea Pirlo étant forfait pour ce match. De Rossi connaît parfaitement la mission, pour la remplir à l'AS Rome de Rudi Garcia. Il peut aussi donner un coup de main en défense centrale, si les circonstances le requièrent, où la qualité de sa relance est précieuse. Selon Luca Modric, l'absence de Pirlo est une chance pour la Croatie. "Espérons qu'il se trompe", sourit De Rossi, qui devrait partager la direction du jeu avec Claudio Marchisio. Le Romain n'est pas peu fier de franchir cette mythique barre. "Cent sélections, c'est incroyable, historique", dit-il. Mais le gamin d'Ostia, le port de Rome, n'oublie pas son enfance et les années au centre de formation "giallorosso". Il dédie cette performance à "Emanuele Mancini, un de mes meilleurs amis. Aujourd'hui il joue à la Lupa Roma (en 3e division), mais sans ses mille blessures il aurait eu une plus belle carrière que la mienne". Celle de DDR reste impressionnante. Il n'a remporté "que" des Coupes d'Italie avec la Roma (2007 et 2008), mais a touché le Graal footballistique en remportant le Mondial-2006. Il avait 22 ans, et avait connu l'avanie d'une exclusion contre les États-Unis pour un vilain coup de coude à Brian McBride. Mais le fougueux romain était revenu de sa suspension pour jouer la finale contre la France (1-1, 5 tirs au but à 3). "Gagner une Coupe du monde, c'est le sommet, le rêve de tout footballeur, et cela donne confiance", avait-il raconté au Brésil, avant d'échouer au premier tour contre l'Uruguay. Là-bas De Rossi a échoué, comme ses coéquipiers, mais il parlait déjà en leader. Après l'élimination, il s'était énervé publiquement, comme le capitaine et gardien Gianluigi Buffon, contre certaines pseudo-stars, sans nommer Mario Balotelli: "nous avons besoin de joueurs, pas de vignettes Panini". Mais le vice-capitaine de l'Italie, derrière "Gigi" Buffon, défend "Super Mario", grand absent contre la Croatie, alors qu'il devait faire son retour. Antonio Conte l'avait sélectionné pour la première fois depuis son arrivée, dans la foulée du Mondial. "Mario ne pose pas de problème, il est seulement exubérant. Puis il y a des règles à respecter et un entraîneur à convaincre. Je tiens à dire que c'est un bon gars", assure De Rossi. DDR garde une tendresse pour les forts caractères, il sait de quoi il parle. Il a plusieurs fois manqué des convocations pour avoir enfreint le "code éthique" de Cesare Prandelli, le prédécesseur de Conte, en prenant des cartons rouges pour mauvais geste à la Roma. Ses nerfs à vif l'ont empêché de franchir plus tôt la barre des 100. eba/pgr/jgu

(AFP)

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