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handEuro-2016 - La France en clair-obscur (PRESENTATION)

Par Ludovic LUPPINO Paris, 13 jan 2016 (AFP) - L'équipe de France de handball, diminuée et déjà qualifiée pour les jeux Olympiques de Rio, s'avance vers l'Euro qui s'ouvre vendredi en Pologne avec l'ambition de conquérir un troisième titre d'affilée sans se brûler les ailes.

A quoi sert ce Championnat d'Europe, la moins importante des trois prochaines compétitions des "Bleus" derrière les JO au Brésil et le Mondial-2017 organisé chez eux? La question a hanté le sélectionneur Claude Onesta qui n'a cessé de revoir son effectif au gré des forfaits sur sa base arrière. Pas moins de six joueurs ont renoncé, dont William Accambray, Mathieu Grébille, Jérôme Fernandez, sans compter Xavier Barachet, touché au genou droit, que le sélectionneur, prudent, a préféré ne pas emmener à Cracovie. Onesta ne veut toutefois pas s'inquiéter: "L'inquiétude serait de mise si ce Championnat était vital. Ce qui serait grave, c'est que l'on arrive pas au bout de l'Euro tout en prenant des risques qui entameraient une partie de notre construction pour les échéances futures." Les aléas offriront justement une opportunité de préparer l'avenir avec des jeunes comme Nedim Remili (20 ans), Théo Derot (23 ans) ou Benoît Kounkoud (18 ans). "Ce n'est pas le titre lui-même qui est important mais plutôt la manière dont on va y parvenir ou pas", insiste le coach français. Les champions en titre de tout (Euro, Mondial, JO) ne peuvent néanmoins pas se présenter en Pologne sans viser le trophée. "On aura un peu moins de pression qu'aux JO, c'est sûr, mais on jouera à fond cet Euro", assure Nikola Karabatic, qui espère ne pas être tracassé par ses adducteurs. La France conserve une équipe-type capable de battre n'importe qui, avec cinq "Experts" (leur surnom) - Nikola Karabatic, Thierry Omeyer, Daniel Narcisse, Luc Abalo, Michaël Guigou - déjà présents il y a dix ans en Suisse lors du sacre européen historique. Cédric Sorhaindo, Luka Karabatic et Valentin Porte complètent le tableau. Kentin Mahé a lui pris de l'envergure. L'incertitude plane sur les novices lancés dans le grand bain. Si Remili, Derot ou encore Olivier Nyokas, se sont mis en évidence durant la préparation, ils n'ont pas l'expérience d'un Euro, compétition jugée comme la plus difficile. En 2012, avec un équipe au grand complet, auteure d'un quadruplé inédit (JO, Mondial, Euro, Mondial), la France s'était pris les pieds dans le tapis en Serbie (11e). Les "Bleus" n'ont d'ailleurs jamais réussi à conserver leur trophée continental, ne terminant que troisièmes en 2008. A ce jour, seule la Suède, détentrice du record (4 titres), l'a fait en réalisant le triplé à cheval sur les deux siècles. Derrière la France, l'Espagne, 3e en 2014 et championne du monde 2013, se présente comme le principal prétendant au titre. Le Danemark, maltraité par les "Bleus" en match amical (28-36) et en finale en 2014 (32-41 à domicile), vise un troisième trophée après ceux de 2008 et 2012. La Pologne, chez elle, espère rééditer le coup du Mondial-2015 au Qatar où elle avait terminé troisième. La Croatie et la Hongrie font office d'outsiders. L'Euro sera sublimé par l'enjeu olympique. Il distribuera un seul ticket direct, réservé au lauréat ou au finaliste si les "Bleus" gagnent encore. Il délivrera aussi deux places pour les tournois de qualification olympique en avril. ll/dhe

(AFP)

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