09.10.2015 à 16:46

footEuro-2016: Le Portugal mise sur Ronaldo et le réalisme de Santos (COMMENTAIRE)

Par Thomas Cabral

Lisbonne, 9 oct 2015 (AFP) - Au lendemain de la qualification du Portugal pour l'Euro-2016, le triple Ballon d'or Cristiano Ronaldo reste un atout indispensable, auquel est venu s'ajouter le réalisme du sélectionneur Fernando Santos.

En battant le Danemark jeudi (1-0), la Selecçao a obtenu sa première qualification directe pour un grand tournoi international depuis l'Euro-2008, évitant ainsi de passer par des barrages dont elle était devenue coutumière.

Après une défaite embarrassante face à l'Albanie (1-0) en ouverture des qualifications, qui avait coûté sa place au sélectionneur Paulo Bento et ouvert la voie au pragmatique Santos, les Portugais ont enchaîné six victoires consécutives qui leur garantissent de finir en tête du groupe I avant même leur déplacement en Serbie dimanche.

A huit mois de l'Euro qui se jouera en France, le Portugal ne regorge pourtant pas de valeurs sûres, et ses performances dépendront forcément du niveau affiché par Cristiano Ronaldo, son chef de file incontesté.

Meilleur buteur portugais de tous les temps et de cette campagne qualificative, l'ailier du Real Madrid est encore, à 30 ans, un finisseur hors pair.

Cependant, pour pallier l'absence d'un pur avant-centre à la hauteur des ambitions de l'équipe, Fernando Santos s'est décidé à placer "CR7" en pointe de l'attaque, où il peine à faire valoir sa vitesse et ses dribbles.

Et si le succès est au rendez-vous depuis l'arrivée de Santos il y a un an, toutes ses victoires ont été obtenues par la moindre des marges et deux d'entre elles ont même été arrachées dans le temps additionnel.

Le Portugal est ainsi en passe de boucler sa qualification la moins productive au plan offensif (9 buts en 7 rencontres). Il présente en contrepartie une bonne copie défensive (4 buts encaissés), à l'image des équipes dirigées par Santos dans le passé.

"Certains aiment le cirque. Pour moi, quand on gagne cela veut dire que l'on a bien joué", a réaffirmé l'entraîneur qui a porté la Grèce en quarts de finale de l'Euro-2012 puis en huitièmes de finale du Mondial-2014.

Avec Paulo Bento, le Portugal avait atteint les demi-finales du dernier Euro, avant de décevoir en étant éliminé dès les poules de la Coupe du monde.

Au bout d'une qualification qui avait pourtant "mal commencé", Cristiano Ronaldo a confirmé que l'ambiance dans le vestiaire était au beau fixe: "l'arrivée de Fernando Santos a été positive car il a rappelé des joueurs dont nous avions besoin".

Le message était évidemment adressé à Bento, incapable de surmonter les querelles personnelles qui avaient entraîné l'écartement de joueurs comme Ricardo Carvalho et Tiago Mendes.

Santos a lui-même reconnu que son principal mérite avait été de "réussir à souder un groupe ouvert à tous". Sa stratégie, qui consiste à choisir les hommes les plus en forme à un moment donné, ne permet donc pas de préjuger de la qualité de l'effectif qu'il emmènera en France.

Au-delà du talent de Ronaldo et de la pugnacité du meneur de jeu Joao Moutinho, décisif jeudi face au Danemark, il devra apporter du sang neuf à une équipe-type bâtie actuellement avec des cadres tels que Carvalho, qui aura 38 ans lors de l'Euro, ou Tiago, qui en aura 35.

D'autant que la nouvelle génération, représentée lors des derniers matches par Bernardo Silva et Danilo Pereira, vient tout juste de faire ses premiers pas au plus haut niveau.

tsc/ode/jcp

(AFP)

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