Etats-Unis: Evadés d'Alcatraz: «Oui, nous avons survécu»
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Etats-UnisEvadés d'Alcatraz: «Oui, nous avons survécu»

Rendus célèbres par leur rocambolesque évasion d’Alcatraz en 1962, trois bandits ont longtemps été crus morts. Une lettre vient de relancer le feuilleton.

par
Fabien Feissli
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En juin 1962, Frank Morris, John Anglin et son frère Clarence font preuve d'une incroyable ingéniosité pour s'évader de la jusque-là inviolable prison d'Alcatraz dans la baie de San Francisco (États-Unis).

En juin 1962, Frank Morris, John Anglin et son frère Clarence font preuve d'une incroyable ingéniosité pour s'évader de la jusque-là inviolable prison d'Alcatraz dans la baie de San Francisco (États-Unis).

KPIX 5
Cette semaine, la chaîne CBS a dévoilé une lettre reçue en 2013 par le FBI. Dans la missive, John Anglin, l'un des trois évadés d'Alcatraz, assure être toujours en vie.

Cette semaine, la chaîne CBS a dévoilé une lettre reçue en 2013 par le FBI. Dans la missive, John Anglin, l'un des trois évadés d'Alcatraz, assure être toujours en vie.

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Pour simuler leur présence dans leur lit, les trois complices ont fabriqué des masques avec du savon et de véritables cheveux.

Pour simuler leur présence dans leur lit, les trois complices ont fabriqué des masques avec du savon et de véritables cheveux.

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Des tunnels creusés à l’aide de cuillères aiguisées, des masques réalisés en savon et un radeau improvisé avec plus de cinquante manteaux de pluie. En juin 1962, Frank Morris, John Anglin et son frère Clarence font preuve d’une incroyable ingéniosité pour s’évader de la jusque-là inviolable prison d’Alcatraz dans la baie de San Francisco (États-Unis). Quelques jours plus tard, le FBI découvre des restes de leur embarcation de fortune et conclut au décès, par noyade, des trois prisonniers. Mais aucun corps ne sera jamais retrouvé et, officiellement, les trois bandits sont toujours recherchés. Un scénario digne d’un film. D’ailleurs, l’histoire a été portée à l’écran en 1979 avec Clint Eastwood dans le rôle principal. Sauf que «L’évadé d’Alcatraz» va peut-être devoir être suivi d’un second opus.

«Ceci n’est pas une blague…»

Cette semaine, la chaîne américaine CBS a dévoilé une lettre reçue en 2013 par le FBI et prétendument écrite par l’un des trois hommes. «Mon nom est John Anglin. Je me suis évadé d’Alcatraz en juin 1962 avec mon frère Clarence et Frank Morris. J’ai 83 ans et je suis en mauvaise santé, j’ai un cancer. Oui, nous avons tous survécu, mais de justesse», assure-t-il.

Dans la suite de sa missive, le braqueur explique s’être planqué à Seattle, puis dans le Dakota du Nord avant de poser ses valises en Caroline du Sud où il vivrait toujours aujourd’hui. Ses deux complices, eux, seraient décédés en 2008 et 2011. «Si vous promettez à la télévision que je n’irai pas en prison plus d’une année et que je recevrai des soins médicaux, je vous écrirai pour vous dire exactement où je suis. Ceci n’est pas une blague…», souligne-t-il.

Une photo datant de 1975

Après avoir mené des expertises tant au niveau des empreintes digitales que de l’ADN et de l’écriture, le laboratoire du FBI a annoncé ne pas être en mesure d’authentifier la lettre. Le mystère reste donc entier. Une constante dans cette affaire qui a déjà été marquée par plusieurs rebondissements. Par le passé, la famille Anglin a raconté avoir reçu d’étranges coups de téléphone, des cartes postales signées des deux frères et même des vœux de Noël. En 2015, Ken et David Widner, les neveux de John et Clarence ont également transmis aux enquêteurs une photo montrant, selon eux, les deux frères dans leur ferme au Brésil en 1975.

Même les scientifiques se sont penchés sur la question. Deux instituts de recherche néerlandais ont modélisé les courants cette nuit du 11 juin 1962 dans la baie de San Francisco pour tenter de comprendre si les trois bandits avaient une chance, ou non, de s’en tirer. Pour ce faire, ils ont virtuellement lancé 50 radeaux, toutes les demi-heures entre 20 h et 4 h du matin. Résultat, si les évadés ont embarqué avant minuit ou après une heure du matin, il est à peu près certains qu’ils ont péri dans les flots. Selon l’étude, leur seule opportunité était à minuit. «Dans le cadre de recherches historiques, il est possible qu’il y ait un événement qui ne soit pas pris en compte dans notre modèle: peut-être avaient-ils un ami avec un bateau?».

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