Genève: Ex-cadre des SIG reconnu coupable de corruption
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GenèveEx-cadre des SIG reconnu coupable de corruption

L'homme a été condamné pour avoir voulu soutirer de l'argent à une entreprise avec laquelle les SIG devaient passer un accord.

Keystone

Un ancien cadre des SIG de 50 ans a été reconnu coupable, mercredi, par le Tribunal de police de Genève, de corruption passive. Ce spécialiste de l'éolien a été condamné à une peine avec sursis de 360 jours-amende, à 80 fr. par jour.

L'accusé était poursuivi dans deux dossiers distincts. Il a été reconnu coupable dans l'affaire Swisswinds. Il a en revanche été acquitté sur le volet concernant la société tessinoise Reninvest. Le patron de cette entreprise active dans l'énergie éolienne, lui aussi accusé de corruption, a également été acquitté par le tribunal.

Appât du gain

Dans le dossier Swisswinds, l'ancien cadre des Services industriels de Genève a tenté d'obtenir 100'000 fr. auprès du responsable de l'entreprise valaisanne. En échange, il promettait de ne pas faire capoter l'accord que Swisswinds devait passer avec la régie autonome genevoise.

Le prévenu a agi par appât du gain, a souligné la présidente du Tribunal de police Isabelle Cuendet. Il a abusé de sa position et, par son comportement, il a jeté l'opprobre sur les services publics. Au cours de la procédure, «il s'est entêté à nier l'évidence» et sa responsabilité est entière.

La juge a souligné qu'en 2010, lorsque les faits se sont produits, l'accusé était un élément «incontournable» au sein des SIG. Sa position lui permettait d'influencer les décisions, notamment dans le domaine de l'éolien. Il disposait aussi d'un carnet d'adresses «impressionnant» dans son domaine d'activité.

Pas une récompense cachée

Le dossier Reninvest est différent. Le Ministère public reprochait au patron de l'entreprise tessinoise d'avoir versé, en 2011, le montant «déconcertant» de 180'000 fr. à la femme de l'ex-cadre des SIG, qui était à l'époque son employée, afin d'acquérir les droits d'auteur d'un livre sur l'éolien qu'elle avait écrit.

L'accusation voyait dans cette rémunération une récompense de Reninvest au mari. Celui-ci serait intervenu pour faciliter la conclusion d'un partenariat entre les SIG et la société tessinoise, accord très favorable à cette dernière. Cette vision des choses n'a pas convaincu le Tribunal de police, qui a acquitté les deux prévenus.

Les déclarations du patron de Reninvest n'ont pas varié au cours de la procédure et sont convaincantes, a estimé la juge. La somme de 180'000 fr. a servi, selon lui, à acquérir les droits d'auteur du livre, mais aussi à indemniser son employée, qu'il a dû licencier à la demande des SIG.

L'Etat condamné à une indemnité

Pour le tribunal, l'entrepreneur tessinois voulait éviter un litige devant les tribunaux avec sa collaboratrice. Les liens d'amitié qu'il entretenait avec son employée l'ont aussi poussé à faire preuve d'une certaine largesse. Il a également tenu compte de la situation de cette femme, qui avait un fils autiste.

Le Tribunal de police a ordonné à l'Etat de Genève de verser une indemnité de 86'000 fr. au responsable de Reninvest.

La juge a refusé, comme le demandait le Ministère public, de prononcer à l'encontre de l'ex-cadre des SIG une interdiction de travailler dans une entreprise publique ou subventionnée par l'Etat. A cause de ce procès, «l'accusé apparaît grillé dans son domaine professionnel». La mesure d'interdiction n'était donc pas nécessaire.

(ats)

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