Écosse - Exécutées il y a trois siècles, des milliers de sorcières vont être graciées
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ÉcosseExécutées il y a trois siècles, des milliers de sorcières vont être graciées

Le Parlement écossais va adopter une loi visant à blanchir près de 4000 victimes de la chasse aux sorcières dans le pays.

par
J.Z
En Écosse, 84% des victimes de la chasse aux sorcières étaient des femmes.

En Écosse, 84% des victimes de la chasse aux sorcières étaient des femmes.

Getty Images/iStockphoto

Il aura fallu trois siècles pour que l’Écosse reconnaisse les exécutions massives dont avaient fait l’objet des milliers de personnes accusées de sorcellerie, entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Selon le «Guardian», le Parlement écossais vient en effet d’accepter l’adoption d’une loi visant à gracier 3837 personnes, dont les deux tiers ont été exécutées. 84% de ces condamnés étaient des femmes.

La loi autorisant la chasse aux sorcières était d’abord entrée en vigueur en 1563, avant d’être abrogée en 1736. Durant la période, la sorcellerie était considérée comme un crime capital en Écosse et les accusés étaient torturés et brûlés, rappelle le journal britannique.

Cette funeste traque a été introduite par le roi Jacques VI d’Écosse, qui deviendra Jacques Ier d’Angleterre et d’Irlande. Ce dernier était persuadé que les sorcières complotaient contre son épouse danoise et invoquaient des tempêtes pour couler ses navires. En 1590, une certaine Geillis Duncan figurait parmi les accusés. Sous la torture, cette dernière avait alors admis avoir rencontré le diable pour s’en prendre aux navires royaux. De nos jours, son nom a été rendu célèbre par la série «Outlander».

Geillis Duncan, incarnée par l’actrice néerlandaise Lotte Verbeek dans la série «Outlander».

Geillis Duncan, incarnée par l’actrice néerlandaise Lotte Verbeek dans la série «Outlander».

Outlander/Facebook

L’idée d’une loi graciant les victimes de la chasse aux sorcières avait d’abord émergé en 2001 aux États-Unis, après un jugement visant à innocenter les sorcières de Salem, arrêtées dans plusieurs villages du Massachusetts. Mais en Écosse, c’est un groupe de militantes du nom de Witches of Scotland qui se battait depuis deux ans afin que le nom de milliers de victimes soit blanchi.

Auprès du «Sunday Times», Claire Mitchell, avocate et membre du mouvement, explique qu’entre le XVIe et le XVIIIe siècle, l’Écosse a «exécuté cinq fois plus de personnes qu’ailleurs en Europe». La militante réclame dès lors des autorités écossaises l’acquittement des milliers de victimes, mais aussi des excuses officielles ainsi qu’un monument national dédié à leur mémoire. «En Écosse, nous avons excellé pour trouver des femmes à brûler. Mais celles qui ont été exécutées n’étaient pas coupables, elles doivent donc être graciées». confie-t-elle, ajoutant que cette loi pourrait également servir d’exemple à d’autre pays.

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