Suisse: Exit durcit l'accès des couples au suicide assisté

Publié

SuisseExit durcit l'accès des couples au suicide assisté

La demande des couples souhaitant mettre fin à leurs jours devra désormais être approuvée par deux médecins, après l'affaire du docteur Pierre Beck.

Le durcissement intervient suite à l'affaire du docteur Pierre Beck, vice-président d'Exit Suisse romande condamné pour avoir aidé une octogénaire à mourir avec son mari.

Le durcissement intervient suite à l'affaire du docteur Pierre Beck, vice-président d'Exit Suisse romande condamné pour avoir aidé une octogénaire à mourir avec son mari.

Keystone

Exit Suisse romande a durci ses conditions pour l'accès des couples au suicide assisté. Depuis l'affaire du docteur Pierre Beck, vice-président de l'organisation condamné pour avoir aidé une octogénaire à mourir avec son mari, une demande de couple doit désormais être approuvée par deux médecins.

«Il vaut mieux avoir deux avis qu'un seul. Ça nous éviterait de nous retrouver devant un tribunal», déclare Gabriela Jaunin, coprésidente d'Exit Suisse romande, dans un entretien diffusé jeudi par le 19.30 de la RTS.

Du côté d'Exit Suisse alémanique, ce dispositif prévaut «depuis des années», a indiqué vendredi son vice-président, Jürg Wiler, interrogé par l'agence Keystone-ATS. Les deux membres du couple sont vus séparément pour éviter qu'ils ne s'influencent, a-t-il précisé.

Pour Samia Hurst, médecin et professeure d'éthique à l'Université de Genève, le fait de recourir à deux médecins n'est pas la panacée. «Cela peut augmenter le sérieux de l'évaluation, mais le plus important est qu'elle soit faite correctement», a-t-elle estimé, également sur la RTS. Notamment s'agissant de «l'évaluation clinique, la capacité de discernement et le caractère persistant de la demande».

Décision attendue à Genève

Les nouvelles règles ont été établies après la condamnation en octobre 2019 à Genève du docteur Pierre Beck à 120 jours-amendes avec sursis pour avoir aidé une octogénaire à mourir avec son mari. La Chambre pénale d'appel et de révision de Genève doit se prononcer sur ce jugement. L'intéressé demande l'acquittement.

Alors que le jugement rendu par le Tribunal de police relève qu'il n'a pas recueilli l'avis d'autres médecins, Pierre Beck a indiqué jeudi avoir parlé à l'ex-président d'Exit, Jérôme Sobel, qui l'a conforté dans sa décision.

Envies suicidaires? Faites-vous aider!

Selon Stopsuicide.ch, la problématique du suicide est un sujet complexe et multiple qui ne peut s'expliquer au travers d'une réponse unique. Cette association vise à briser le tabou qui englobe le suicide afin de réfléchir aux différents moyens permettant de mettre en oeuvre une aide concrète destinée aux jeunes en souffrance.

D'autres structures comme La Main Tendue (composez le 143) et la Ligne d'aide pour jeunes (147) sont également disposées à aider.

(ats)

Ton opinion