Criminalité: Explosion de bancomats: la Suisse démunie
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CriminalitéExplosion de bancomats: la Suisse démunie

De plus en plus de distributeurs près des frontières sont la proie de criminels. Un expert en sécurité met en garde contre ce phénomène.

par
cht
Un bancomat explosé au Tessin fin novembre.

Un bancomat explosé au Tessin fin novembre.

Keystone

Pas une semaine ou presque ne se passe ou presque sans que l'on apprenne le casse d'un bancomat en Suisse. Des casses qui ont le plus souvent lieu dans les endroits situés près des frontières. Le scénario est le même un peu partout: des inconnus posent des explosifs sur les distributeurs, emportent l'argent et s'enfuient à l'étranger avant que la police n'arrive sur les lieux.

Le Tessin ne fait pas exception. Il est en train de vivre toute une série d'attaques de ce style contre des bancomats près de la frontière italienne. Le nord de l'Italie n'est pas épargné. Depuis octobre dernier, une douzaine de casses de distributeurs ont eu lieu. «Généralement, les voleurs utilisent le système 'Marmotta'. Ils mettent le feu à de la poudre dans des boîtes à crayons en tôle», explique un expert en sécurité tessinois Stefano Piazza, au «Blick» mercredi.

Peine moins lourde

Pourtant, l'expert ne croit pas en l'existence d'un gang de l'Est qui sévirait près des frontières. Selon lui, de plus en plus d'amateurs qui utilisent les mêmes méthodes à base d'explosifs que les pros. La raison de cette hausse selon lui? S'ils se font attraper, les voleurs risquent une moins lourde peine que s'ils pratiquent un braquage à main armée, explique-t-il. Ce type d'infraction est en effet considéré comme du vol, souligne-t-il.

Le risque, c'est que bien souvent, les apprentis braqueurs maîtrisent mal les techniques. Ils vont dénicher les instructions sur les explosifs et la manière de les poser sur internet. Hic: ils gèrent souvent mal les dosages et font exploser non seulement le distributeur mais aussi une partie des bâtiments autour, raconte Stefano Piazza. «C'est très dangereux pour les habitants».

Selon l'expert, «la Suisse n'est pas préparée à de tels actes» et les bancomats sont des proies faciles pour les criminels, surtout ceux qui sont près des frontières. Beaucoup de petites douanes ne sont pas surveillées la nuit, critique-t-il. Il faudrait changer cela, estime-t-il. Il réclame aussi de meilleurs échanges d'informations entre la police suisse et les forces de l'ordre étrangères.

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