Justice: «Extrême droite» n’est pas diffamatoire
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Justice«Extrême droite» n’est pas diffamatoire

Uli Windisch, le rédacteur du site «Les Observateurs.ch» avait attaqué pour diffamation le rédacteur du blog L’1dex Stéphane Riand, qui avait qualifié son site «d’extrême droite».

par
Eric Felley
Pour le juge valaisan, le fait de qualifier le site «Les Observaterurs.ch» de site «d’extrême-droite» n’est pas attentatoire à l’honneur d’Uli Windisch.

Pour le juge valaisan, le fait de qualifier le site «Les Observaterurs.ch» de site «d’extrême-droite» n’est pas attentatoire à l’honneur d’Uli Windisch.

lesobservateurs.ch

Anti-islamiste, nationaliste, conservateur, trumpiste, politiquement incorrect, le site «Les Observateurs.ch» pouvait-il aussi être qualifié de «site d’extrême-droite.» C’est la question à laquelle a répondu le procureur valaisan Jean-Pierre Greter dans un arrêt communiqué cette semaine aux parties.

Le 25 mars 2019, le fondateur du site «Les Observateurs.ch», Uli Windisch, avait déposé une plainte contre le rédacteur du blog valaisan L’1dex, Stéphane Riand. Celui-ci avait publié un article qualifiant le site du premier «d’extrême-droite». Uli Windisch avait estimé que cette appellation était diffamatoire et qu’elle avait notamment porté préjudice auprès des donateurs du site.

Le procureur Jean-Pierre Greter ne l’a pas entendu. Il constate qu’il existe deux courants d’extrême-droite en Suisse: «A savoir les partis populistes de droite d’une part et l’extrémisme de droite d’autre part. Les premiers, les populistes, critiquent régulièrement certaines formes de la démocratie représentative et des principes pluralistes du consensus démocratique de base, mais ils ne s’opposent pas fondamentalement à la démocratie». Et de citer dans l’histoire récente des formations comme l’Action nationale, les Démocrates suisses, Vigilance, l’Union démocratique fédérale (UDF), le Parti des automobilistes ou encore la Lega au Tessin.

Pour les seconds, qui évoluent hors du système démocratique, le magistrat constate: «Les extrémistes de droite par contre se distinguent par une idéologie fondée sur l’exclusion et l’inégalité du fait de la race ou de l’ethnie, qui demandent une homogénéité ethnique des peuples et refusent le principe de l’égalité inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme. Ils rejettent le pluralisme des valeurs d’une démocratie libérale et veulent mettre un terme à la démocratisation.»

En distinguant ces deux courants, le procureur valaisan a voulu faire la démonstration que le terme «d’extrême-droite» couvrait un spectre politique d’une portée «très large» et ne signifiait pas automatiquement un lien avec «violence ou terrorisme», comme s’en plaignait Uli Windisch. «Partant, l’affaire doit être classée», a-t-il conclu.

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