Football: Fabio Celestini: «Avec le FC Sion, on me confie une institution»

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FootballFabio Celestini: «Avec le FC Sion, on me confie une institution»

Successeur de Paolo Tramezzani à Tourbillon, le Vaudois évoque sa manière de travailler et sa fierté de diriger le club valaisan. Sa priorité sera d’inculquer un état d’esprit à un groupe en manque de caractère.    

par
Nicolas Jacquier
Fabio Celestini (ici à Lucerne), un homme de caractère à la tête d’une équipe dont l’état d’esprit est par trop évanescent.

Fabio Celestini (ici à Lucerne), un homme de caractère à la tête d’une équipe dont l’état d’esprit est par trop évanescent.

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Au moment de retrouver un banc, quels sentiments habitent Fabio Celestini?

Le métier de coach est compliqué, je savais ce que je voulais et ce que je ne voulais plus. Entraîner, c’est faire du chemin ensemble. Il faut que le voyage en vaille la peine. Ce n’est évidemment pas la même chose de reprendre le Lausanne-Sport qui est avant-dernier de Challenge League avant d’aller jouer au Mont que d’arriver à Sion. Parce que ce contingent a du talent, il y a là un formidable défi à relever, tant en coupe qu’en championnat. Je n’ai sans doute jamais eu une équipe aussi forte entre les mains.

Sion est un club particulier, son président est particulier et vous l’êtes aussi…

Mais vous êtes aussi particulier, tout le monde l’est! Avec Christian (ndlr: Constantin), cela faisait un moment que l’on se tournait autour. On n’avait jamais trouvé le timing idéal jusqu’à maintenant. Je le connais depuis 1994. À l’époque je jouais à Renens et on ne s’était incliné qu’aux prolongations contre Sion en Coupe. Assis, le frère de Ronaldinho, avait marqué le but décisif. […] À Lugano, où l’on me prédisait l’enfer, j’ai connu Angelo Renzetti, lui aussi un homme extraordinaire. Je sais que ce sont des personnalités fortes avec lesquelles je m’entends bien.

«Le FC Sion fait partie de la vie des gens, on sent qu’ils y sont attachés et que la passion transpire»

Fabio Celestini, nouvel entraîneur du FC Sion

En Valais, il existe toujours une très forte attente concernant le FC Sion. La ressentez-vous déjà?

Le club fait partie de la vie des gens, on sent qu’ils y sont attachés et que la passion transpire. Avec le FC Sion, on me confie une institution. L’engouement était assez similaire à Lucerne.

Parmi les objectifs sportifs, on imagine qu’il y a la volonté de ramener la Coupe en Valais…

L’objectif, c’est de créer une équipe où chacun peut donner le meilleur de lui-même. On verra où cela nous mène. Je ne peux garantir aucun résultat mais je sais la valeur de la Coupe pour le FC Sion et tout le canton.

Avez-vous déjà eu l’occasion de voir le dernier match du FC Sion, cette humiliante défaite 7-2 contre Saint-Gall qui a coûté sa place à Paolo Tramezzani?

Oui, au même titre que les 15 autres matches du FC Sion de cette première partie de saison, et je l’ai visionné jusqu’au bout. Je n’ai pas arrêté à la mi-temps! Il est difficile de comprendre un tel black-out. Il se passe ce qui s’est passé. Cela va heureusement parfois dans l’autre sens si l’on songe à la fin de match réussie contre GC (ndlr: mené 4-1 à la 75e minute, Sion était parvenu à égaliser).

«Il s’agit de trouver le meilleur moyen de travailler afin d’être efficace. Il ne suffit pas de bien faire les choses, il faut les faire mieux»  

Fabio Celestini

Quand on débarque dans un club comme c’est votre cas, quelle est la priorité?

Ce que l’on perçoit de l’extérieur correspond rarement à ce que l’on découvre de l’intérieur. Je m’efforce de comprendre comment Sion fonctionne. Il s’agit de s’adapter à une nouvelle réalité en trouvant le meilleur moyen de travailler afin d’être efficace. Il ne suffit pas de bien faire les choses, il faut les faire mieux. 

À partir du 12 décembre, sur quoi allez-vous particulièrement insister?

Une équipe, c’est d’abord un état d’esprit. Cela est aussi lié à la culture d’exigences. L’état d’esprit, ce n’est pas uniquement le jour du match qu’il faut l’afficher, c’est pendant toute la semaine. À quoi fonctionnent les joueurs? J’ai hâte de les connaître humainement pour entrer dans leur tête. Il faut aller chercher le plus. Si tous les joueurs me donnent le 120%, ça va marcher.

«Le groupe ne peut être fort qu’en tant qu’équipe. On doit retrouver les valeurs véhiculées en Valais»

Fabio Celestini

Comment envisagez-vous la cohabitation avec Mario Balotelli?

Durant ma carrière, j’ai déjà côtoyé de grands joueurs dans le vestiaire. Mario est particulier, comme le sont tous les autres joueurs. Mais il n’est ni plus ni moins compliqué à gérer que ses coéquipiers. Il fonctionne aussi à quelque chose. Je dois comprendre chacun de mes joueurs dans leurs différences. Parce que seul, Mario ne pourra rien faire. 

Aux yeux de son nouvel entraîneur, qu’est-ce que le FC Sion doit retrouver en priorité?

Ce que j’aimerais voir, c’est un réel état d’esprit, dans une région, un canton qui cultive la valeur du travail. Chacun doit pouvoir s’identifier à cette culture de l’effort. Le groupe ne peut être fort qu’en tant qu’équipe. On doit y retrouver les valeurs véhiculées en Valais. Si le public a la conviction que l’on a tout donné, je suis convaincu qu’il ne devrait pas y avoir de sifflets. Par rapport à mon projet de jeu, je veux aussi voir une équipe ambitieuse et dominante, ce qui passe par la possession. On doit gagner les matches par nous-mêmes.

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