05.10.2019 à 16:50

MotocyclismeFabio Quartararo fait tomber les plus grands

Ce n’est plus une surprise, c’est désormais la logique des choses: dans l’ombre de Marc Marquez, c’est bien le jeune Niçois de 20 ans qui détient les clefs du futur.

par
Sport-Center

L’image est étonnante. Début de Q2, la seconde phase des qualifications MotoGP. Ils sont douze en piste, pour jouer la pole, la première ligne, une bonne place. Sur ce circuit Chang de Buriram, avec ses longues lignes droites, même les meilleurs cherchent la bonne roue à suivre. Et dès que le décompte est terminé, que le feu passe au vert à la sortie du couloir des stands, on s’observe, prêts à s’élancer dès que la «cible» choisie se met en mouvement.

Marc Marquez ne se pose pas de questions, il assume son rôle de patron, malgré sa folle cabriole de la veille; il est le premier à s’élancer et c’est Morbidelli, l’un des quatre pilotes de ces Yamaha qui ont désormais des ailes, qui se colle à lui; il ne restera pas longtemps au contact, Marquez est encore trop fort. Plus intéressant, un peu plus loin, Quartararo sort à son tour du garage et qui l’a attendu, pour le suivre? Monsieur Valentino Rossi lui-même. Plus qu’un signe, l’illustration d’une nouvelle réalité.

Le Français boucle son tour d’entrée en piste, il augmente le rythme, Rossi tente de s’accrocher, mais il va partir à la faute. Fabio, lui, est intenable. Et quand, lors de son septième tour, il prend le commandement – 2 dixièmes devant Marquez -, le champion veut immédiatement lui répondre; il va tomber lui aussi. Sans mal. Seul Maverick Viñales, parmi ceux qui tentent de résister à la vélocité du phénomène, ne commettra pas l’erreur. Contre ce Fabio-là, sur un tour, il n’y a rien à faire. Et sur la durée de la course? Réponse dimanche, dès 9 heures du matin.

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YAMAHA POURSUIT SON OPÉRATION CHARME

On l’a compris depuis quelques temps: Fabio Quartararo, la révélation de cette saison, est bien la clef de la prochaine campagne des transferts. On rappelle que tous les pilotes MotoGP actuels sont encore liés par contrats pour 2020, mais on sait aussi que les pourparlers pour la période 2021-2022 ont commencé depuis longtemps. Et qu’avec Marc Marquez, le Français Quartararo est le plus sollicité. Donc celui dont la valeur ne cesse d’augmenter.

Yamaha fait tout actuellement pour charmer encore plus le surdoué; depuis ce week-end, il dispose du même moteur que Viñales et Rossi, soit 500 tours/minute de plus. Si ce n’est pas une révolution en vitesse maximale – les Yamaha sont encore plus lentes que les Ducati, les Honda et les Suzuki dans ce domaine -, cette puissance supplémentaire offre plus de possibilités de choix dans l’étagement des boîtes de vitesse. Remarque d’un observateur: «Si Fabio privilégie la performance, il restera chez Yamaha. Si son entourage préfère l’argent, il dira oui à Ducati!»

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LÜTHI PROGRESSE, «MAIS PAS ASSEZ»

Il s’en est mieux sorti que plusieurs de ses adversaires directs pour les places d’honneur au championnat du monde Moto2, mais c’est encore Alex Marquez, le leader dudit championnat, qui a signé la pole position. «Nous travaillons, nous progressons, mais pas encore assez. J’ai encore un gros problème – qui coûte 2 dixièmes de seconde et c’est beaucoup sur ce circuit – dans le dernier secteur. On doit continuer, car je suis trop à la limite dans cette partie du circuit», confie Lüthi.

Un Lüthi qui, physiquement, résiste en revanche parfaitement aux conditions de chaleur et d’humidité (samedi matin, le circuit a été momentanément noyé, les essais étant retardés d’une bonne heure). A propos, combien perd-t-on d’eau en transpirant pendant une séance d’essais? «Je n’ai pas calculé, mais je pense un bon litre. C’est après qu’il faut immédiatement récupérer le liquide. Donc, il faut assez boire le soir, mais attention, il ne faut pas boire... n’importe quoi», rigole Tom.

RAFFIN ET AEGERTER CÔTES À CÔTES

Sur la huitième ligne de la grille de départ, on retrouvera, séparés par 98 millièmes, Dominique Aegerter et Jesko Raffin, qui retrouve la NTS après sept mois: «Il y a bien sûr eu une évolution, mais je ne veux pas dire que c’est une nouvelle moto. Quand on est à 0,6 seconde du meilleur chrono aux essais, cela signifie qu’on n’est pas loin. Dans l’ultime tour de Q1 (la première partie des qualifications), je me suis retrouvé dans un groupe où on s’est trop gênés, et on perd vite un ou deux dixièmes dans ce genre de situations. La course sera longue, exigeante physiquement, il y a peut-être un joli coup à jouer», explique le Zurichois.

Jean-Claude Schertenleib, Buriram (Thaï)

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