16.09.2013 à 18:06

Meurtre d'AdelineFabrice A. ne devrait pas être extradé avant 3-4 mois

La procédure d'extradition pour ramener l'assassin présumé de la sociothérapeute genevoise de Pologne en Suisse pourrait prendre trois à quatre mois, selon les autorités polonaises.

Fabrice A. lors de son arrestation par les policiers polonais.

Fabrice A. lors de son arrestation par les policiers polonais.

Keystone

Il est fort probable que des policiers genevois se rendent dans les jours prochains sur place pour les besoins de l'enquête.

Même si le suspect accepte son extradition, la procédure ne serait pas raccourcie de beaucoup, a indiqué lundi le consul polonais de Suisse Marek Wieruszewski. C'est le tribunal de district de Szczecin, où est incarcéré Fabrice A., qui se prononcera sur la demande d'extradition.

Les règles pour une extradition entre la Pologne et la Suisse sont claires étant donné que les deux Etats sont signataires de la Convention européenne d'extradition. Sur la base des expériences, la collaboration avec la Pologne est bonne, a indiqué Folco Galli, porte-parole de l'office fédéral de la justice.

Volonté de collaborer

La durée de la procédure d'extradition dépend en particulier du comportement du prévenu, précise M.Galli. Tout comme le consul polonais, il précise que si le prévenu saisit les voies de recours possibles du droit polonais, la procédure peut être rallongée.

Selon le Ministère public genevois, le meurtrier présumé semble toutefois vouloir collaborer et la procédure ne devrait pas s'enliser. Dans le cas contraire, un procureur genevois pourrait aussi faire le voyage, a précisé le porte-parole de la justice genevoise Henri Della Casa.

Vers la frontière

Au lendemain de l'arrestation de Fabrice A, quelques précisions ont filtré sur cette opération policière et les premières photos du suspect ont été diffusées. La police allemande disposait d'éléments qui lui ont fait penser que le fuyard faisant l'objet d'un mandat d'arrêt d'Interpol pouvait rouler en direction de la frontière germano-polonaise.

«Ce n'était pas un hasard», a déclaré une porte-parole de la police allemande à l'ats. Les forces de police polonaises ont repéré la voiture du fugitif dans le trafic et l'ont suivie jusqu'à l'agglomération de Kolbaskowo, en Pologne, a déclaré Manina Puck, de la police fédérale de Pasewalk.

L'arme dans son sac à dos

«Il n'y a pas eu de course-poursuite, mais une filature à vitesse normale», a-t-elle déclaré au Tagesanzeiger.ch. A Kolbaskowo, la Citroën a été interceptée et le fugitif retenu jusqu'à l'arrivée des policiers polonais. L'homme n'a opposé aucune résistance et a dit que l'arme du crime se trouvait dans son sac à dos.

Selon l'agence de presse autrichienne apa, le meurtrier présumé voulait probablement se rendre en Pologne pour y trouver une ancienne thérapeute. Cette femme s'était occupée de lui par le passé, a indiqué Przemylaw Kimon, la porte-parole de la police de Szczecin.

Récusation demandée

A Genève, les questions restent ouvertes sur le déroulement des faits qui ont conduit à l'évasion d'un violeur récidiviste et à l'assassinat de sa thérapeute. Une enquête administrative a été confiée à l'ex-conseiller d'Etat Bernard Ziegler.

Mais lundi, l'UDC et le MCG ont contesté cette nomination. Les deux partis demandent la récusation de l'ex-ministre socialiste qui dirigeait le département de justice et police lors de la création de «La Pâquerette» en 1986. Ils exigent à sa place une personne neutre.

Fabrice A., était pris en charge dans cette unité sociothérapeutique depuis huit mois lorsqu'il s'est évadé lors d'une sortie. Il était alors uniquement accompagné de sa thérapeute.

Il y a dix ans, l'ancien procureur général du canton de Genève Daniel Zappelli avait tenté d'avoir un droit de regard sur les sorties de détenus organisées par ce centre. Mais le magistrat avait finalement échoué, faute de base légale.

(ats)

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