Football: Facchinetti: «Je n'en ai jamais fait une histoire d'argent»

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FootballFacchinetti: «Je n'en ai jamais fait une histoire d'argent»

Viré du FC Sion puis annoncé rentrant, le latéral neuchâtelois évoque la période trouble qu'il vient de connaître. «L'équipe pourrait sans doute mieux vivre ensemble», concède-t-il.

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Sport-Center
Keystone

Le 19 mars dernier, Mickaël Facchinetti (29 ans) avait fait partie de la charrette des neuf bannis du FC Sion, virés séance tenante pour avoir refusé le principe du chômage technique que leur soumettait leur employeur. Il a depuis réintégré le contingent du club valaisan, au même titre que Pajtim Kasami, Birama Ndoye et Ermir Lenjani, également réhabilités. Pourquoi un pareil revirement? Comment le défenseur a-t-il vécu les attaques dont il a été la cible sur les réseaux sociaux? Le Neuchâtelois de Tourbillon s'en explique.

Mickaël Facchinetti, vous voilà à nouveau un joueur du FC Sion depuis vendredi passé… Comment en est-on arrivé à ce spectaculaire revirement?

Beaucoup de choses ont été dites sans savoir la vérité. Dès le début, je voulais avoir une discussion claire par rapport à la situation, ce qui n'a d'abord pas été possible. Je n'en ai jamais fait une histoire d'argent, davantage de principes. Jamais ma carrière n'a été motivée par l'argent. Le rapport humain demeure fondamental à mes yeux. Avant d'être des footballeurs, on est tous des êtres humains. Vous savez, j'ai été éduqué par mon grand-papa. Les paroles d'une personne, une poignée de main ont plus de valeur à mes yeux que des écrits.

Cette explication, vous l'avez donc obtenue?

Oui. Je voulais pouvoir avoir une discussion d'hommes, en face à face.

Avant ce revirement, votre refus initial vous avait valu un déluge de critiques, notamment sur les réseaux sociaux. Comment les avez-vous alors encaissées?

J'ai la carapace suffisamment solide pour ne pas être égratigné par ce que l'on peut dire ou écrire sur ma personne. J'ai par contre eu beaucoup plus de mal avec les jugements portés envers ma famille. Certains n'ont pas hésité à tenter de salir la mémoire de mon grand-papa décédé en lui manquant de respect. Et cela, c'est inadmissible. Oui, cela m'a affecté parce que c'était écoeurant.

Durant ces semaines compliquées, êtes-vous parvenu à vous mettre à la place de vos supporters, dont beaucoup n'ont pas compris globalement l'attitude du «groupe des dissidents». On a parlé d'enfants gâtés, de comportement de divas…

Je ne me suis jamais considéré comme une diva, loin de là même. Oui, je peux m'imaginer ce que nos fans ont pu ressentir. Ce n'était en aucun cas une fronde contre le club ou son président. Je sais tout ce que Christian (ndlr: Constantin) fait pour le FC Sion. Mais sans doute y-t-il eu à un moment donné un manque de communication de part et d'autre. On voulait juste comprendre au lieu d'être chacun livré à soi-même.

On a coutume de répéter que chaque équipe repose sur un état d'esprit. Après cet épisode, qu'en est-il de celui du FC Sion?

Difficile de savoir où l'on est exactement. Le groupe est éparpillé, chaque joueur est confiné chez lui. Y aura-t-il une cassure? Je ne l'espère pas. Ces événements pourraient même nous avoir peut-être rapproché à distance. Soudé, il faudra de toute manière l'être si le championnat devait reprendre. Toutefois, seule la compétition pourrait dire les éventuelles répercussions de cette affaire sur la vie du groupe.

Selon vous, l'équipe vivait-elle suffisamment bien ensemble cette saison?

Elle pourrait sans doute mieux vivre ensemble.

De quelle manière? En inculquant par exemple l'esprit valaisan de la Coupe sur la longueur d'un championnat.

Propos recueillis par Nicolas Jacquier

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