Vaud: Face-à-face victimes-détenus: une expérience positive

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VaudFace-à-face victimes-détenus: une expérience positive

Le projet pilote de justice restaurative lancé en octobre 2019 dans l’Etablissement de détention pour mineurs et jeunes adultes «Aux Léchaires» à Palézieux (VD) sera poursuivi.

Une vue extérieure de l’établissement de détention pour mineurs «Aux Lechaires» à Palézieux-Gare.

Une vue extérieure de l’établissement de détention pour mineurs «Aux Lechaires» à Palézieux-Gare.

KEYSTONE/archive

Les expériences mettant face à face jeunes adultes détenus et victimes «Aux Léchaires» à Palézieux ont été très positives, selon le canton de Vaud.

Organisé par le Service pénitentiaire vaudois (SPEN) en collaboration avec Swiss RJ Forum, le projet a mis en relation sur une base volontaire huit jeunes adultes, auteurs d’infractions, et des victimes indirectes (victimes de faits similaires), sur le modèle des dialogues restauratifs, a communiqué mercredi le canton.

Prise de conscience

Selon les intervenants de Swiss RJ Forum, les expériences avec les jeunes adultes détenus ont été très positives: ils ont participé activement, se sont montrés ouverts, motivés et ont manifesté beaucoup de respect pour les victimes.

Les victimes, de leur côté, se sont senties très à l’aise avec les jeunes adultes en détention. Elles ont été impressionnées par les changements observés au fil des rencontres.

Les jeunes détenus ont pu percevoir l’ampleur de la souffrance des victimes ainsi que les conséquences de leurs actes. Cette expérience leur a permis de prendre conscience de manière très concrète des conséquences négatives qu’ont eues leurs actions sur la vie des victimes et de leurs proches, ont-ils témoigné.

Poursuite du programme

«Concernant les délits commis, leur éventail est assez large, mais il s’agit surtout de confronter les auteurs de brigandages, de vol avec violence avec leurs victimes», a expliqué mercredi Sylvie Bula, cheffe du Service pénitentiaire. «L’objectif est de favoriser une prise de conscience et que ces jeunes n’entrent pas dans une spirale délictueuse».

Sur la base de ce bilan, le Département de l’environnement et de la sécurité (DES) et la direction du SPEN vont poursuivre l’expérience. «Nous souhaitons l’intégrer dans notre offre de prestations pour le futur», a indiqué Mme Bula.

La prochaine session se déroulera à l’automne aux Etablissements de la Plaine de l’Orbe, au pénitencier de Bochuz. Elle sera proposée à des détenus qui purgent de longues peines pour des délits du même style: les atteintes à l’intégrité sexuelle n’en font pas partie, a précisé la cheffe du SPEN. Trois autres sessions sont déjà planifiées pour l’année 2021.

Axe stratégique

Ce projet est une première en Suisse romande. Il s’inspire de ce qui se pratique à l’étranger, en Belgique et au Canada, mais aussi dans les prisons de Lenzburg (AG) et Bostadel (ZG). Le coût de l’opération s’est monté à 5500 francs.

Ce programme de justice restaurative s’insère dans la mission de réinsertion et de (re)socialisation des personnes détenues que le SPEN entend développer de manière plus active ces prochaines années. Cet axe stratégique fait partie des objectifs du Rapport sur la politique pénitentiaire adopté par le Grand Conseil en décembre 2016.

Le projet pilote répondait en outre aux recommandations issues des Assises de la chaîne pénale de décembre 2018, ainsi qu’à l’interpellation du député Jean Tschopp, déposée en janvier 2019.

(ATS/NXP)

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