Publié

États-UnisFace à la Chine, l’armée américaine doit continuer à s’améliorer

Le chef d’état-major Mark Milley estime que l’armée américaine doit poursuivre sa révolution technologique pour conserver sa supériorité face à Pékin.

Le général Mark Milley prône une réduction des troupes stationnées à l’étranger.

Le général Mark Milley prône une réduction des troupes stationnées à l’étranger.

AFP

L’armée américaine doit intégrer les avancées technologiques actuelles pour conserver sa supériorité sur la Chine, a assuré jeudi le plus haut gradé du Pentagone. Ce dernier a également estimé que les États-Unis devaient déployer des forces plus petites mais mieux armées à l’étranger.

«Nous sommes au milieu d’un changement fondamental dans le caractère de la guerre», a déclaré le chef d’état-major de l’armée américaine, le général Mark Milley, lors d’un forum sur la Défense. Les missiles guidés de précision, les drones et d’autres équipements robotisés ainsi que des satellites de communication avancés, et ceux qui sauront le mieux s’en servir, seront «décisifs» dans une guerre, a-t-il ajouté.

«On peut voir le monde aujourd’hui comme jamais auparavant», a-t-il expliqué. «On peut localiser, suivre, identifier et si on peut voir, maintenant que l’on a des armements de précision de longue portée, on peut frapper. C’est fondamental et ça a un énorme effet sur l’avenir du combat». L’intelligence artificielle, l’alliance homme-machine, la robotique, les armements de précision et «quelques armes hypersoniques» provoqueront un «changement fondamental» sur le champ de bataille mondial, a ajouté le général Milley.

Armes robotisées

Selon lui, les armes robotisées seront généralisées d’ici 10 ou 15 ans, et la Chine développe rapidement ses capacités. «Ils voudraient non seulement rattraper mais dépasser et dominer» les États-Unis et «être capables de nous battre dans des conflits armés d’ici le milieu du siècle», a-t-il dit.

Le général, qui devrait conserver son poste après l’investiture du démocrate Joe Biden, a prôné une réduction des troupes stationnées à l’étranger. Il a estimé que les bases permanentes en Corée du Sud ou à Bahreïn pouvaient rendre vulnérables les soldats, leurs familles et les employés civils. «Des troupes plus petites, réparties largement dans le monde et très difficiles à détecter seront la clé de l’avenir militaire», a-t-il expliqué.

Pour empêcher la Chine de prendre le contrôle de l’ouest du Pacifique en cas de conflit, il a estimé que les États-Unis devraient déployer des unités aux Philippines, au Vietnam et en Australie, équipées de batteries de missiles à longue portée qui pourraient viser les navires chinois.

Navires automatisés

Pour cela, le Pentagone doit augmenter sa flotte de 300 navires actuellement à 500 d’ici 2045, dont au moins un quart seraient automatisés, et construire jusqu’à 90 sous-marins, a-t-il dit. Cette liste n’inclut pas les porte-avions géants, des cibles faciles à frapper par d’éventuels missiles longue distance chinois, a-t-il ajouté.

Cette flotte moderne est le meilleur outil de dissuasion, a affirmé le général Milley. «Je ne dis pas qu’on va faire la guerre à la Chine, nous voulons empêcher une guerre avec la Chine, et nous allons devoir investir dans les capacités militaires pour empêcher que cela arrive», a-t-il dit.

La Chine, «plus grande menace pour la démocratie»

Le chef du renseignement américain a qualifié jeudi la Chine de «plus grande menace pour la démocratie et la liberté dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale», alors que Washington restreignait sévèrement les visas de voyage pour les membres du Parti communiste chinois. Dans un article d’opinion publié par le «Wall Street Journal», le directeur du Renseignement national, John Ratcliffe a dénoncé le vol par la Chine de secrets d’affaires et de technologies de défense américains.

Il a également décrit des opérations au cours desquelles des agents chinois ont utilisé la pression économique pour influencer les législateurs américains ou les compromettre. «Nos renseignements montrent que Pékin mène régulièrement ce type d’opération d’influence aux États-Unis», a-t-il écrit. «Les dirigeants chinois cherchent à subordonner les droits de l’individu à la volonté du Parti communiste», a encore accusé John Ratcliffe.

(ATS/NXP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!