02.10.2020 à 11:05

FranceFace à la recrudescence du Covid, quatre options

Les scientifiques ont émis quatre axes pour endiguer l’épidémie dans un avis publié jeudi soir mais daté du 22 septembre dernier.

Photo d’illustration.
Photo d’illustration.AFP

Il faut limiter le nombre de gens qu’on côtoie, notamment la famille et les amis, pour éviter que l’épidémie de Covid-19 devienne hors de contrôle et ne nécessite des mesures plus drastiques, recommande le Conseil scientifique.

«Aujourd’hui, le ralentissement de la circulation du virus reste à portée de main, mais plus pour très longtemps sans doute», met en garde l’instance qui conseille les pouvoirs publics dans cet avis daté du 22 septembre mais seulement publié jeudi soir.

Alors que l’épidémie repart à la hausse, avec la menace d’une saturation du système hospitalier, le Conseil scientifique définit quatre options pour agir, de la plus minimaliste (aucune mesure supplémentaire) à la plus radicale (couvre-feu voire confinement, au moins territorial).

Il se prononce pour la troisième option, «une addition de mesures modérées, faisant appel à l’adhésion volontaire et, en cas de besoin, à des mesures contraignantes».

«A ce stade de l’épidémie, le Conseil scientifique n’envisage pas de proposer l’option 4 (couvre-feu voire confinement, ndlr) au plan national, mais ne peut en exclure son utilisation dans certaines métropoles et bien sûr en cas de dégradation ultérieure», prévient-il toutefois.

Comme il l’a déjà dit, le Conseil scientifique rappelle qu’un nouveau confinement généralisé n’est «pas souhaitable et qu’il serait le résultat d’un échec de la maîtrise de l’épidémie».

Selon ses recommandations, «les personnes sont fortement invitées à limiter volontairement le nombre de leurs contacts sociaux au cours d’une période donnée, notamment lors de réunions familiales et amicales, qui sont identifiées comme des moments de contamination car la distance physique et le port du masque y sont moins respectés».

En outre, «le nombre de personnes autorisées à se rassembler peut être réduit dans certains territoires, qu’il s’agisse de rassemblement publics ou de réunions privées, lors d’événements sportifs, culturels ou festifs par exemple».

«Les bars et restaurants ont été identifiés comme des lieux de contamination même si des données restent rares», assure le Conseil.

Horaires d’ouverture limités

Il y prône «un respect plus strict des règles de distanciation physique ainsi que l’instauration d’horaires d’ouverture limités».

Entre la rédaction de l’avis et sa publication, certaines de ces mesures ont déjà été prises par le gouvernement pour les régions les plus touchées.

Selon le Conseil scientifique, les mettre en oeuvre maintenant peut éviter de devoir en prendre des plus radicales par la suite.

«Tout retard se traduirait par la nécessité, pour produire les mêmes effets, de mesures ultérieures plus fortes et de plus longue durée que celles qui auraient été prises plus tôt», souligne-t-il.

«Si la situation semble moins préoccupante qu’en mars dernier, elle peut rapidement conduire, en l’absence de nouvelles interventions, à des situations critiques à court ou moyen terme dans certaines régions», alerte-t-il.

Lits de réanimation

Dans le pire scénario, «on s’attend à ce qu’au 1er novembre, les besoins de lits de réanimation soient de 1650 en Auvergne-Rhône-Alpes, 2250 en Ile-de-France, 780 en Nouvelle-Aquitaine, 340 en Occitanie et 600 en Provence-Alpes-Côte d’Azur», selon des projections mise en avant par le Conseil. Actuellement, la France dispose d’environ 5000 lits en réanimation.

Ces projections ne tiennent toutefois pas compte des mesures prises depuis la rédaction de l’avis.

Enfin, le Conseil préconise le recours au télétravail, un «plan de protection des Ehpad» (avec un «dépistage systématique» des personnels pour éviter la contamination des résidents) et «une protection renforcée des personnes à risque de formes graves» (âgées ou en mauvaise santé).

«Il est essentiel de renforcer la protection de ces personnes à risque de formes graves tout en leur laissant le soin de décider pour elles-mêmes», selon l’avis.

Les meilleurs dépistages nécessitent du temps

Récemment arrivés sur le marché, les tests rapides d’antigènes pour détecter la présence du nouveau coronavirus suscitent l’espoir de la mise en place d’un dépistage de masse, mais restent accueillis avec circonspection par les professionnels du diagnostic.

Le test d’antigènes livre des résultats en un quart d’heure, avec une fiabilité respectable. Le test analysé en laboratoire présente une sensibilité encore plus élevée, mais nécessite plus de temps.

L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) rappelle que seuls sont pris en charge les tests de dépistage d’une infection active réalisée dans des centres exploités par les cantons ou sous leur mandat.

(ATS/NXP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!