Etats-Unis: Face à l’inflation, la Fed contre-attaque avec une nouvelle hausse des taux

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États-UnisFace à l’inflation, la Fed contre-attaque avec une nouvelle hausse des taux

La Banque centrale américaine tente de juguler une inflation provoquée par les perturbations liées au Covid-19 et exacerbée par la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation avec la guerre en Ukraine.

La Banque centrale américaine, la Fed, anticipe désormais une croissance quasi nulle en 2022.

La Banque centrale américaine, la Fed, anticipe désormais une croissance quasi nulle en 2022.

REUTERS

Déterminée à lutter contre une inflation toujours vive, la Banque centrale américaine (Fed) a annoncé, mercredi, une nouvelle forte hausse de ses taux, de trois quarts de point de pourcentage, et a prévenu qu’elle anticipe désormais une croissance quasi nulle en 2022. Le principal taux directeur de la Fed s’établit désormais dans une fourchette de 3 à 3,25%, a annoncé la puissante institution.

C’est la troisième fois d’affilée que la Fed procède à une hausse de cette ampleur, après un premier relèvement plus habituel d’un quart de point en mars et une hausse d’un demi-point en mai. Et elle anticipe que des hausses supplémentaires seront nécessaires en 2022, jusqu’à faire monter le taux directeur d’encore un point de pourcentage.

Relever le taux directeur fait augmenter les taux d’intérêt des divers prêts aux particuliers et professionnels, afin de faire ralentir l’activité économique, et donc de desserrer la pression sur les prix.

Les taux des prêts immobiliers, par exemple, ont ainsi grimpé depuis le début de l’année et viennent de dépasser les 6% pour un prêt sur trente ans, pour la première fois depuis 2008. Cela fait baisser les ventes dans ce secteur, qui avait affiché une bonne santé insolente depuis le début de la pandémie.

Croissance nulle en 2022

La Réserve fédérale en a profité pour mettre à jour ses prévisions économiques et anticipe désormais une croissance du PIB quasi nulle en 2022, quand elle tablait, en juin, sur 1,7%. Elle la voit rebondir ensuite à 1,2% en 2023. Les prévisions d’inflation, en revanche, restent proches de ce qui était attendu en juin: 5,4% en 2022 (contre 5,2%) pour l’inflation PCE, avant de fortement ralentir en 2023, à 2,8% (contre 2,6% précédemment).

La Fed privilégie cet indice d’inflation, qui s’est établi à 6,3% sur un an en juillet, selon le plus récent chiffre disponible, à l’indice CPI, qui fait référence pour l’indexation des retraites notamment. Celui-ci a, certes, ralenti en août aux États-Unis, grâce à la baisse des prix de l’essence, mais, à 8,3% sur un an en août, a montré une pression toujours très forte sur les prix, avec une inflation généralisée.

Mais ce ralentissement volontaire de l’économie est très délicat, car un trop grand coup de frein peut faire basculer les États-Unis dans la récession qui, d’ores et déjà, plane sur l’ensemble de l’économie mondiale.

Très légère hausse du chômage

L’excellente santé du marché du travail offre à la Fed des marges pour agir de façon agressive. Le taux de chômage actuel est un des plus bas des cinquante dernières années, et il n’y a pas assez de travailleurs pour occuper tous les postes vacants. Ce taux, aujourd’hui à 3,7%, devrait très légèrement augmenter sous l’effet de la hausse des taux, à 3,8% en 2022, proche des 3,7% précédemment attendus, avant d’atteindre 4,4% en 2023 (contre 3,9% anticipés en juin).

La Fed l’a martelé: la lutte contre l’inflation est sa priorité. La laisser s’ancrer impliquerait des mesures encore plus douloureuses pour les ménages et entreprises, comme ce fut le cas il y a quarante ans, après des années de flambée des prix frôlant parfois les 15%.

Le dollar au plus haut face à l’euro depuis près de vingt ans

Le dollar est monté, mercredi, à son plus haut niveau face à l’euro depuis près de vingt ans, après l’annonce du relèvement de 0,75 point de pourcentage du taux directeur de la banque centrale américaine (Fed). Le billet vert a atteint 0,9814 dollar pour un euro, pour la première fois depuis fin octobre 2002, soit quelques mois seulement après le passage officiel à la monnaie unique.

(AFP)

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