23.10.2020 à 10:44

États-UnisFact-check sur le dernier débat présidentiel américain

Les deux candidats ont affirmé des faits et lancé des chiffres à propos de la pandémie ou de la guerre commerciale avec la Chine. Voici ce qui a été dit de vrai et ce qui était faux.

Donald Trump et Joe Biden se sont affrontés jeudi soir à la télévision, le dernier avant le jour J, le 3 novembre.

Donald Trump et Joe Biden se sont affrontés jeudi soir à la télévision, le dernier avant le jour J, le 3 novembre.

KEYSTONE

Le président Donald Trump et son rival Joe Biden se sont opposés à propos de la pandémie de Covid-19, la guerre commerciale avec la Chine ou encore la question raciale aux États-Unis, lors de leur dernier débat avant les élections du 3 novembre. Le point sur la véracité des propos des deux candidats.

Pandémie de Covid-19

Évoquant le coronavirus, Donald Trump a déclaré: «on s’attendait à 2,2 millions de morts, selon une modélisation (ndlr: de l’épidémie). Nous avons fermé la plus grande économie du monde afin de combattre cette horrible maladie».

D’où vient ce chiffre? Le chiffre de 2,2 millions de morts – que le président avait déjà précédemment cité pour défendre sa réponse sanitaire – vient d’un rapport du Comité de réponse au Covid-19 de l’Imperial college. Ce chiffre correspond, selon ce rapport, au nombre total de morts que l’épidémie aurait pu faire aux États-Unis si absolument aucune mesure n’avait été prise.

Les États-Unis, comme d’autres pays, ont imposé des confinements et les Américains ont, à des degrés variables, observé les mesures de distanciation sociale. Selon l’université Johns Hopkins, la pandémie a fait plus de 223'000 morts dans le pays. Joe Biden a lui lancé: «il y a maintenant 1000 morts par jour. 1000 morts par jour».

Cela n’est pas totalement juste. Durant les mois passés, il y a effectivement eu de nombreux jours où le nombre de morts a dépassé le millier. Par exemple, un bilan établi à partir des données nationales et de celles de l’université Johns Hopkins montre que vendredi à 5h du matin, 1035 décès avaient été enregistrés en 24 heures.

Cependant les bilans varient d’un jour à l’autre. Sur les sept derniers jours ainsi les bilans étaient de 990, 854, 420, 509, 661, 796 et 1103 décès, soit une moyenne de 762 morts par 24 heures.

Les relations avec la Chine

«La Chine paie, ils paient des milliards et des milliards de dollars», a affirmé Trump, se référant apparemment à l’argent des droits de douane imposés à la Chine par son administration. Biden a rétorqué que c’était «l’argent des contribuables» américains. La réponse du candidat démocrate est exacte. Comme le relève le centre de politique fiscale de Urban-Brookings, une taxe douanière «est presque toujours payée directement par l’importateur (généralement une entreprise) et jamais par le pays exportateur».

Parlant des relations commerciales américano-chinoises, Joe Biden a affirmé à propos du président: «Il a provoqué une augmentation du déficit (commercial) avec la Chine, pas une baisse». Ce n’est pas exact. Le déficit commercial s’est monté à 344 milliards de dollars en 2019, après être monté à 418 milliards de dollars en 2018. Comparé à 2016, dernière année de l’administration Obama où le déficit était de 347 milliards de dollars, il a donc baissé.

Depuis le début de son mandat, la politique douanière du locataire de la Maison-Blanche a visé à réduire le déficit commercial et à mettre fin à ce qu’il qualifie de pratiques commerciales injustes. Selon une trêve conclue le 15 juin 2020, la Chine s’est engagée à importer pendant deux ans au moins 200 milliards de biens américains, soit plus que le niveau de 2017.

La question raciale

Discutant de la question raciale, sujet brûlant aux Etats-Unis après la mort de plusieurs citoyens afro-américains tués par la police, Donald Trump a accusé l’ancien vice-président démocrate d’avoir qualifié les hommes noirs de «super prédateurs» lorsqu’il était sénateur. C’est faux. L’expression «super prédateurs» date d’une loi sur la criminalité coécrite par Joe Biden. Mais c’est Hillary Clinton qui a utilisé cette formule en défendant ce texte.

Joe Biden a maintenu jeudi soir n’avoir pas utilisé cette expression. Devant le Sénat il avait cependant parlé de criminels «prédateurs» lors d’un discours en faveur de cette loi.

(AFPE)

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