Actualisé 10.03.2020 à 06:00

Hockey sur glaceFaut-il perdre sa série 4-0 pour limiter les frais?

La co-présidente du HC Bienne se pose la question. D'autres dirigeants doivent aussi y penser...

von
Sport-Center
Pour Stéphanie Mérillat, «c'est une bonne question, mais il n'y a pas de bonnes réponses...»

Pour Stéphanie Mérillat, «c'est une bonne question, mais il n'y a pas de bonnes réponses...»

KEYSTONE

Co-présidente du HC Bienne, passionnée de hockey, d’émotions fortes, Stéphanie Mérillat est «un peu comme tout le monde», triste de cette situation dans le pays où on ne se serre plus la main, où tousse dans son coude quand on ne cherche pas un masque. Si elle est de nature plutôt optimiste, la dirigeante du club seelandais est également réaliste, consciente que le championnat de Suisse et ces fameux play-off sont en sursis, qu’ils n’auront de toute manière pas la même saveur cette saison...

Stéphanie Mérillat, si les joueurs veulent absolument jouer, même à huis clos, pour un dirigeant, mieux vaut finalement perdre la série 4 à 0 pour limiter les frais, non?

Alors là, c’est une très bonne question, mais il n’y a pas de bonnes réponses à ça! (rires)Cela ferait moins de matches, c’est vrai. Mais pour l’instant la situation évolue tellement rapidement qu’on ne peut pas dire qu’on commence les quarts à huis clos et qu’on passe, avec un peu de chance, avec du public en demi-finale. Je pense surtout que cette épidémie semble durer encore un bon moment.

Après, un match à huis clos, pour avoir parlé avec plusieurs dirigeants, c’est une grosse perte financière pour un club. Pour vous aussi, évidemment...

Là, sportivement, dans l’équipe, je sais que tout le monde a envie de jouer, de terminer la saison, même si cela se passe à huis clos. Après, économiquement, qu’on arrête ou qu’on évolue devant des gradins vides, les revenus qu’on devait avoir sur ces matches-là, on ne les aura pas. Il y a ensuite la télévision, j’ignore quelle est la nature du contrat, quelles seront les pertes si les rencontres ne sont pas diffusées. Il y a beaucoup de choses à mettre dans la balance.

Et à Bienne, vous avez les reins assez solides financièrement pour supporter ces matches sans public?

Pour cet exercice en cours, je n’ai pas encore les chiffres mais je m’inquiète surtout pour la saison prochaine. Parce que ce n’est pas seulement par rapport à nous. Toutes les petites entreprises qui nous soutiennent vont être impactées assez durement par la récession qui va certainement arriver et elles ne pourront certainement plus s’engager avec nous. A mon avis, ça va être dur avec les donateurs et le sponsoring pour avoir le même niveau qu’on a connu cette année.

C'est quoi votre sentiment aujourd’hui, lundi 9 mars 2020?

On voit comment cela évolue. On a tous l’espoir de reprendre les play-off autrement qu’à huis clos, si... on les reprend. Maintenant, j’ai de la peine à l’imaginer pour le moment. Après, c’est difficile de donner un avis, car on ne sait pas exactement ce qui va se passer. J’ai le sentiment que l’interdiction de ne pas organiser des manifestations de plus de 1000 personnes va être prolongée, cela me semble évident. Après, il faudra que la Ligue décide si elle veut arrêter la saison là ou quand même continuer de faire ces séries sans public. Et là ce sont les douze clubs qui devront décider ensemble lors de la réunion ce mardi.

Pour éviter un huis clos, on ne pourrait pas, selon vous, effectuer un tirage au sort parmi les abonnés qui permettrait à neuf cent personnes de prendre place dans les gradins?

Je ne suis pas certain que ce soit une bonne solution, cela amènerait plus de complications que de satisfactions. De toute manière, avec mille personnes il n’y aura pas plus d’ambiance dans la patinoire. On fâcherait tout le monde avec un attroupement devant l’entrée du stade pour ceux qui voudraient entrer quand même. Non, je ne vois pas ce qu’il faut faire pour bien faire.

On a entendu que vos joueurs avaient accepté de renoncer à leurs primes alors que Damien Brunner était même prêt à renoncer à un mois de salaire, c’est juste?

Je sais qu’ils devaient en parler mais j’ignore si cela a été accepté ou pas. Cela devrait se décanter assez rapidement. Je n’ai pas plus d’informations à vous donner, désolée.

Christian Maillard

Strawson: «Les joueurs veulent faire leur métier»

Perdre 4 à 0 en quart pour limiter la casse? A Genève, on n'y pense même pas.«Ah non, s'exclame le président Laurent Strawson. Les joueurs veulent tous jouer. Même à huis clos, ils veulent juste faire leur métier et gagner. On respectera évidemment leur choix. Heureusement, d'ailleurs qu'ils font tout pour aller le plus loin possible.»

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!