10.07.2017 à 10:32

Faut-il soigner ou laisser mourir le petit Charlie?

Polémique

Atteint d’une maladie rare, un bébé de 10 mois est au centre d’une querelle entre Londres et le Vatican.

par
Ariel F. Dumont, Rome
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Les parents du petit Charlie Gard luttent pour le garder en vie.

Les parents du petit Charlie Gard luttent pour le garder en vie.

DR
Chris Gard (à g.) et Connie Yates (à dr.) ont déployé une grande banderole devant le Great Ormond Street Hospital à Londres, en espérant obtenir l'aide des autorités.

Chris Gard (à g.) et Connie Yates (à dr.) ont déployé une grande banderole devant le Great Ormond Street Hospital à Londres, en espérant obtenir l'aide des autorités.

Andy Rain/EPA
Au cours des derniers jours, de nombreux hashtags, comme #savecharlie et #charliegard, se sont rapidement propagés sur les réseaux sociaux.

Au cours des derniers jours, de nombreux hashtags, comme #savecharlie et #charliegard, se sont rapidement propagés sur les réseaux sociaux.

Andy Rain/EPA

Charlie Gard, un bébé de 10 mois atteint du syndrome de déplétion de l’ADN mitochondrial, ne doit pas être maintenu artificiellement en vie. Ainsi en a décidé la Cour Suprême de Londres, contre l’avis des parents. Mais le Vatican est prêt à tout pour sauver l’enfant. Même à lui accorder la nationalité vaticane pour faciliter son transfert à l’hôpital pédiatrique du Saint-Siège L’Enfant-Jésus en vue d’y être soigné.

Depuis plusieurs jours, les sherpas du plus petit État du monde sont en contact avec le gouvernement de Theresa May. Le ministre italien des Affaires étrangères, Angelino Alfano, est également intervenu en contactant son homologue britannique, Boris Johnson. Mais pour l’heure, le héros du Brexit, dont le style horripile paraît-il les Européens en poste à Bruxelles, reste sourd aux appels venus de Rome. Selon Londres, «ce transfert est possible à condition que l’Hôpital de l’Enfant-Jésus s’engage à respecter le verdict prononcé par la Cour suprême britannique». Compte tenu des positions pro-vie du Vatican, cette exigence est bien sûr inacceptable, souligne Mariella Enoc, présidente de l’hôpital pontifical.

Vendredi soir, les médecins de l’hôpital du Saint-Siège ont annoncé la mise au point d’un traitement expérimental conçu sur mesure pour Charlie Gard. Même s’il ne devrait pas le sauver, ce traitement est censé le maintenir en vie plus longtemps. L’hôpital pour enfants de Great Ormond street à Londres, qui s’occupe de Charlie depuis sa naissance, n’est pas resté insensible aux prières du pape François et aux promesses de soins des pédiatres italiens: il a demandé à la Cour suprême britannique de réexaminer sa décision. La réponse tombera cet après-midi.

Spécialisée dans la recherche des maladies mitochondriales, la doctoresse Nelida Noghera s’insurge contre ce qu’elle considère comme de «l’acharnement thérapeutique». «Pour les médecins, cet enfant sert de cobaye. Son cerveau est endommagé et il n’a aucune chance de s’en sortir. Il faut arrêter de le faire souffrir et éviter aussi de créer un précédent inacceptable sur le plan de l’éthique scientifique», estime-t-elle.

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